Faut-il créer un statut particulier pour les chômeurs considérés comme « non réinsérables » sur le marché du travail ? La question divise profondément la majorité fédérale, notamment les partis flamands. Alors que le CD&V, Vooruit et Groen plaident pour une solution structurelle afin d’éviter que des milliers de personnes ne basculent dans la pauvreté, la N-VA s’y oppose fermement, dénonçant le risque de créer un nouveau « puits d’oubli social ».
Le débat prend une ampleur particulière dans un contexte de durcissement de la politique de chômage. Au cours des dix-huit prochains mois, plus de 190.000 Belges perdront leur allocation de chômage en raison de la limitation dans le temps des indemnités. En Flandre, ils seront environ 63.000. Si l’espoir du gouvernement est qu’un tiers d’entre eux retrouve un emploi, les perspectives sont nettement plus sombres pour une frange bien identifiée de la population.
Des milliers de personnes jugées non orientables vers l’emploi
En Flandre, plus de 12.000 personnes sont aujourd’hui officiellement considérées comme « non orientables vers l’emploi ». Parmi elles, environ 10.000 chômeurs de longue durée dits invisibles, qui échappent largement aux politiques classiques de remise à l’emploi. Ces personnes cumulent souvent des problèmes médicaux, psychiques ou sociaux lourds : dépression sévère, troubles mentaux, pathologies physiques invalidantes ou encore addictions.
Le paradoxe est criant : bien qu’elles soient reconnues comme incapables de travailler à court ou moyen terme, ces personnes continuent à percevoir une allocation de chômage, un système pourtant conçu pour des demandeurs d’emploi disponibles. Une situation juridiquement bancale et humainement fragile, d’autant plus que ces bénéficiaires perdront eux aussi leurs allocations après deux ans.
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