David Hockney, l'éternel chercheur de lumière, s'éteint à 88 ans
Figure majeure de l'art contemporain, David Hockney s'est éteint à 88 ans, laissant derrière lui une œuvre profondément marquée par la quête de couleur, de liberté et d'innovation, de la Californie au Yorkshire jusqu'à la Normandie.
Publié par A JS
Résumé de l'article
David Hockney, peintre majeur britannique, est décédé à 88 ans. De la Californie au Yorkshire puis à la Normandie, il a construit une œuvre emblématique marquée par la couleur, l'innovation et une discipline constante, devenant l'un des artistes les plus influents de son époque.
La disparition de David Hockney, annoncée jeudi par son attachée de presse Erica Bolton, met fin à plus de six décennies de création ininterrompue. Né dans le nord de l'Angleterre, l'artiste britannique s'était imposé comme l'un des peintres les plus influents des XXe et XXIe siècles, sans que les circonstances de sa mort ne soient précisées.
De la grisaille anglaise à l'appel de la couleur
Formé à Bradford puis à Londres à partir de 1959, Hockney s'affranchit très tôt des conventions. Il revendique rapidement une liberté de ton dans ses œuvres comme dans ses titres, provocateur en décalage avec son époque. Son style et son apparence participent à faire de lui une figure des Swinging Sixties.
Rapidement associé au pop art britannique, il fréquente les cercles artistiques et culturels les plus en vue. Mais c'est aux États-Unis qu'il trouve l'élan décisif. Après un premier séjour à New York en 1961, où il rencontre Andy Warhol, il s'installe en Californie en 1964. Fasciné par la clarté et l'intensité lumineuse, il y développe une peinture éclatante, dominée par les piscines, les corps et une atmosphère hédoniste devenue emblématique.
Une célébrité mondiale malgré les critiques
Ses œuvres, centrées sur l'amour, le désir et un certain art de vivre, suscitent parfois des jugements sévères. Certaines critiques les jugent superficielles. Pourtant, Hockney a acquis une notoriété considérable, dépassant celle de tout autre artiste britannique de son époque.
La reconnaissance culmine en 2018 lorsque « Portrait d'un artiste (Piscine avec deux personnages) » est adjugé 90,3 millions de dollars, un record pour un artiste vivant à l'époque. Cette consécration ne modifie pas son rapport au travail, qu'il aborde avec constance et discipline.
Le retour aux paysages et à l'intime
Avec les années, son univers évolue. Les figures humaines cèdent progressivement la place aux animaux, notamment ses chiens, auxquels il consacre de nombreuses œuvres. La disparition de proches, emportés notamment par le sida, accentue ces réponses vers des sujets plus personnels.
À la fin des années 1990, il retourne régulièrement dans le Yorkshire. Installé à Bridlington, il se consacre pendant une décennie à la peinture de paysages locaux. Cette période, particulièrement féconde, révèle une attention renouvelée aux variations saisonnières et à la nature.
Un créateur en perpétuelle évolution
Refusant toute idée de retraite, Hockney continue d'expérimenter. Il adopte successivement le fax puis l'iPad comme outils de création, démontrant une curiosité intacte. Ses paysages du Yorkshire lui valent notamment la d'un vitrail pour l'abbaye de Westminster.
En 2018, il s'installe en Normandie avec son compagnon et assistant Jean-Pierre Gonçalves de Lima. Inspiré par son environnement, il réalise « Une année en Normandie », une fresque monumentale de 90 mètres, influencée par la tapisserie de Bayeux.
Jusqu'à la fin, il conserve une discipline rigoureuse, transmise de sa jeunesse lorsqu'il travaille dès l'aube dans les hôpitaux pour éviter le service militaire. Fidèle à cette éthique, il n'a jamais arrêté de peindre, convaincu que la création ne connaît pas de terme.