Deux poids, deux mesures face aux violences politiques d’extrême-gauche ? La question que posent Peter De Keyzer et Geert Noels
Geert Noels et Peter De Keyzer s'étonne du différence de traitement de la violence entre celle causée par l'extrême-droite et celle causée par l'extrême-gauche
Publié par J.PE
Résumé de l'article
Peter De Keyzer et Geert Noels dénoncent un « deux poids, deux mesures » face aux violences politiques et s’interrogent sur l’indulgence dont bénéficierait, selon eux, l’extrême gauche par rapport à l’extrême droite.
Si les mêmes violences étaient commises au nom de l’extrême droite, la réaction politique et médiatique serait-elle identique ? C’est la question que posent, chacun à leur manière les deux économistes, Peter De Keyzer et Geert Noels. Une interrogation dérangeante sur le traitement à géométrie variable des violences politiques provenant du monde lycéens en France mais aussi un peu en Belgique ou la violence commence aussi à monter.
Deux tweets. Deux économistes. Et une même interrogation de fond : applique-t-on réellement les mêmes standards à l’extrême droite et à l’extrême gauche lorsqu’il est question de violences, d’intimidation ou d’atteintes aux institutions démocratiques ?
Peter De Keyzer pose la question de la manière suivante :
« Et si l’extrême droite se mettait à incendier des écoles, à attaquer les forces de l’ordre et à piller des magasins ? Tout le monde se bousculerait alors pour faire interdire légalement les partis. Maintenant que l’extrême gauche sape ouvertement la démocratie, le silence est assourdissant. »
Wat als extreem-rechts scholen in brand zou steken, ordediensten zou aanvallen en winkels zou plunderen?
— Peter De Keyzer (@PeterDeKeyzer) October 3, 2026
Dan zou iedereen over mekaar vallen om partijen buiten de wet te laten stellen.
Nu extreem-links openlijk de democratie ondergraaft, is de stilte oorverdovend. https://t.co/W3o3E5lu90
Autrement dit : imaginons exactement les mêmes scènes, mais avec l’étiquette « extrême droite ». Les éditoriaux, les plateaux de télévision, les responsables politiques et les appels à l'interdiction de mouvements politiques ne seraient-ils pas beaucoup plus nombreux ?
Geert Noels pousse le raisonnement plus loin. Selon lui, « Tout ce que l’on reproche et redoute de l’extrême droite est désormais commis par l’extrême gauche. Seulement, les réactions sont, dans l’ensemble, indulgentes, modérées, compréhensives. Les gens sont aveugles aux conséquences. »
Alles waarvoor extreem-rechts gevreesd wordt, gebeurt nu door extreem-links.
— Geert Noels (@GeertNoels) October 3, 2026
Alleen zijn de reacties doorsnee genomen vergoelijkend, matigend, begripvol.
Men is blind voor de gevolgen.
La vraie question : les actes ou l'étiquette ?
Le débat mérite d’être posé sans détour. Une démocratie ne devrait-elle pas juger d’abord les actes, et seulement ensuite l’idéologie de ceux qui les commettent ?
Brûler une école est un acte grave, quelle que soit la couleur politique de celui qui le commet. Attaquer des policiers ne devient pas acceptable parce que l’auteur se réclame d’une cause située à gauche. Dégrader ou piller des commerces ne devient pas moins condamnable parce que les auteurs dénoncent une injustice sociale.
La même démocratie peut-elle avoir deux seuils de tolérance différents selon l’idéologie de ceux qui la contestent ?
Lorsqu’une organisation située à droite de l’échiquier politique est accusée de franchir les limites démocratiques, les mots « interdiction », « dissolution », « cordon sanitaire » ou « danger pour la démocratie » apparaissent rapidement dans le débat public et dans les éditos de la presse.
Mais que se passe-t-il lorsque des groupes ou des militants situés à l’extrême gauche sont impliqués dans des violences ?
La question mérite d’être posée sans détour : les mêmes responsables politiques, les mêmes éditorialistes et les mêmes commentateurs réclament-ils les mêmes sanctions ? Et si ce n’est pas le cas, pourquoi ?
Le principe devrait pourtant être simple : une même règle pour tous.
Le danger du « deux poids, deux mesures »
C’est peut-être finalement le point le plus important soulevé par ces deux tweets.
Une démocratie ne se protège pas en désignant une idéologie comme coupable par principe. Le problème du « deux poids, deux mesures » n’est donc pas seulement moral. Il est institutionnel.
La démocratie repose également sur la confiance dans l’égalité devant la loi, dans la liberté d’expression, dans la neutralité des institutions et dans la capacité de la société à condamner la violence sans regarder la couleur politique de celui qui la commet.