Emploi : les entreprises belges recrutent… tout en préparant des licenciements
Selon une étude SD Worx auprès de 250 grands employeurs (≥ 250 travailleurs) en juin 2026, plus de huit entreprises sur dix prévoient des recrutements au cours des six prochains mois.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- 82 % des grandes entreprises belges envisagent des recrutements dans les six prochains mois, principalement en CDI.
- Les profils IT, data, numérique, logistique et production figurent parmi les plus recherchés.
- Un employeur sur trois prévoit également des licenciements, principalement pour des raisons de restructuration ou de maîtrise des coûts.
Les recrutements visent d'abord à compenser la rotation habituelle du personnel et à attirer de nouvelles compétences numériques. Les profils IT, numériques et data arrivent en tête des besoins (32 % des grands employeurs), talonnés par les opérations, la production et la construction (31 %), ainsi que la logistique, la chaîne d'approvisionnement et la gestion d'entrepôts (29 %). « Ces chiffres illustrent toute l'ambivalence du marché du travail actuel pour les grands employeurs. D'une part, les entreprises continuent clairement à recruter, principalement pour compenser les départs naturels et attirer de nouvelles compétences numériques. D'autre part, nous constatons qu'un grand employeur sur trois anticipe simultanément des licenciements, souvent dans une logique de maîtrise des coûts, de restructuration ou en raison d'un décalage entre les compétences disponibles et les exigences des fonctions », explique Katleen Jacobs, Business Manager Advisory chez SD Worx.
Le contrat permanent reste privilégié
Les projets de recrutement concernent avant tout des collaborateurs permanents. Dans 51 % des grandes entreprises, au moins 25 recrutements de ce type sont prévus. Les employeurs s'attendent à recruter deux fois plus de permanents que de temporaires, avec une médiane de 25 contre 12 personnes.
Au-delà de l'IT et de la data, un quart des grandes entreprises recherchent des profils RH et une proportion identique recrute en finance et comptabilité. Un employeur sur cinq investit dans les profils commerciaux, une même proportion dans le service clientèle, et 18 % ciblent des cadres et membres de direction.
Le numérique comme moteur structurel
Les recrutements visent principalement à compenser la rotation du personnel (54 %) ou à remplacer les départs à la retraite et les absences (43 %). Pour près de quatre employeurs sur dix (38 %), ils s'inscrivent dans une croissance structurelle liée à l'augmentation du volume de travail. Trois entreprises sur dix (30 %) indiquent avoir besoin de nouvelles compétences numériques, et 18 % associent leurs recrutements à l'ouverture d'un nouveau site ou au lancement de nouvelles activités.
Un employeur sur trois prévoit aussi des licenciements
Malgré des projets de recrutement soutenus, un grand employeur sur trois anticipe des licenciements dans les six prochains mois. Le nombre médian s'élève à 15 collaborateurs permanents. Ces suppressions sont attendues principalement dans la logistique, la chaîne d'approvisionnement et la gestion d'entrepôts (30 %), dans les opérations, la production et la construction (25 %), ainsi que dans les achats, l'approvisionnement et le sourcing (21 %).
Les raisons invoquées : la réduction des coûts (31 %), les restructurations (28 %), l'inadéquation entre le profil et les exigences de la fonction (27 %), et l'arrivée à terme d'une mission temporaire (27 %).
« L'apprentissage continu est essentiel »
Pour Katleen Jacobs, le signal est clair à la fois pour les employeurs et les travailleurs : « Pour les employeurs, cela signifie que la planification stratégique des effectifs est plus importante que jamais : de quelles compétences aurons-nous besoin demain, lesquelles pouvons-nous développer en interne et pour lesquelles devons-nous recruter à l'extérieur ? Pour les travailleurs, il s'agit d'un signal clair : l'apprentissage continu et l'employabilité sont essentiels. Les candidats disposent toujours de réelles opportunités, notamment dans l'IT, le numérique, la data, les opérations et la logistique. Les employeurs se montrent toutefois de plus en plus attentifs à l'adéquation entre le profil, les compétences et leurs besoins futurs ».
L'étude quantitative a été réalisée en ligne par DataD.be du 3 au 15 juin 2026 auprès de 250 entreprises belges comptant au moins 250 travailleurs. Les répondants sont des responsables RH ou des personnes impliquées dans les décisions RH. L'échantillon, équilibré entre moyennes et grandes entreprises, comprend 15 % d'actifs dans l'industrie et la construction, 42 % dans le secteur tertiaire et 40 % dans le secteur quaternaire.