Loups en Wallonie : l’abattage ciblé ne peut devenir un alibi (Analyse)
L’Europe a assoupli le statut du loup, mais la Wallonie ne dispose pas d’un permis général d’abattage.
Publié par A JS
Résumé de l'article
L’abaissement du statut européen du loup donne davantage de souplesse aux États, sans supprimer leurs obligations de conservation. En Wallonie, la gestion doit rester fondée sur l’expertise des attaques, la protection des troupeaux et des dérogations strictement motivées.
Le mot est lâché et il est immédiatement inflammable : abattage. À entendre certains débats, l’Union européenne aurait offert à la Wallonie un blanc-seing pour tirer sur les loups. À entendre d’autres, toute intervention sur un animal identifié comme problématique serait déjà une capitulation devant les intérêts agricoles. Les deux lectures sont commodes. Elles ont surtout le défaut de contourner la réalité.
Le loup est désormais mieux installé en Wallonie qu’il ne l’était il y a quelques années. Le 24 juin 2025, le Service public de Wallonie a annoncé la création d’une quatrième zone de présence permanente, l’Ardenne liégeoise, entre Spa, Stavelot, Stoumont et Theux.
Cette zone couvre un peu plus de 11 000 hectares. C’est un fait. Mais ce fait n’autorise ni le déni des pertes subies par des éleveurs ni la transformation d’une politique de conservation en politique de tir.
La question utile n’est donc pas de savoir s’il faut être pour ou contre le loup. Elle est de savoir si la Wallonie est capable de faire respecter une règle simple : protéger les troupeaux avant l’attaque, indemniser rapidement après l’attaque et, lorsqu’un individu pose un problème répété et démontré, examiner une réponse proportionnée. C’est moins spectaculaire qu’un slogan. C’est aussi beaucoup plus exigeant.
Le changement européen n’est pas une autorisation générale
Le 5 juin 2025, le Conseil de l’Union européenne a validé la modification de la directive « Habitats » qui fait passer le loup du statut d’espèce « strictement protégée » à celui d’espèce « protégée ». Cette évolution donne davantage de marge aux États membres dans la gestion de leurs populations. Elle ne supprime pourtant pas l’obligation centrale : maintenir l’espèce dans un état de conservation favorable.
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