Décès de Gunther von Hagens : il sera plastiné, mais le consentement suffit-il ?
Après la mort de Gunther von Hagens, son souhait d’être plastiné relance le débat sur le consentement, la dignité des défunts et la frontière entre enseignement scientifique, exposition publique et commerce.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Le souhait de Gunther von Hagens d’être plastiné prolonge le débat suscité par les expositions Body Worlds. L’article examine les limites du consentement lorsque les corps donnés sont exposés au public, en rappelant le cadre belge du don du corps à la science. Il souligne que les institutions restent responsables de la finalité et du respect durable des dépouilles qui leur sont confiées.
Gunther von Hagens est mort le 24 juillet 2026, à 81 ans. Trois jours plus tard, sa famille et l’Institut pour la plastination ont confirmé que l’anatomiste allemand avait demandé que son propre corps soit mis à disposition pour être plastiné. Le geste est cohérent avec une vie entière consacrée à cette technique de conservation des tissus humains, mais il ne saurait être réduit à une ultime provocation personnelle.
Car cette décision ramène une question dérangeante, et précisément pour cette raison essentielle : que permet réellement le consentement lorsqu’il porte sur un corps après la mort ? Von Hagens avait fait de cette frontière son territoire. Avec Body Worlds, il a sorti l’anatomie des amphithéâtres et des manuels, pour la placer dans des expositions fréquentées par des millions de visiteurs.
Son institut revendique plus de 58 millions de visiteurs dans 42 pays et plus de 170 villes depuis 1995. La réussite populaire est incontestable. L’inconfort moral l’est tout autant.
La plastination consiste à remplacer les liquides et les graisses solubles d’un spécimen par des polymères, afin de le préserver durablement. La technique peut servir à la formation médicale et à la recherche. Mais chez von Hagens, elle a aussi permis de composer des scènes ouvertes au grand public. C’est là que le débat commence vraiment.
Un corps donné demeure-t-il seulement un support d’enseignement lorsque sa présentation devient un billet d’entrée, une scénographie et une attraction internationale ?
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter