La droitisation rapide de l’électorat jeune en Espagne marque un tournant politique majeur. Longtemps perçue comme un bastion naturel de la gauche, la jeunesse espagnole se détourne aujourd’hui massivement du PSOE et de ses alliés pour se tourner vers le Parti populaire et Vox. Ce basculement, parfois accompagné d’une relecture provocatrice du passé franquiste, ne traduit pas une tentation autoritaire structurée, mais l’épuisement d’une génération confrontée à la précarité, à l’échec des politiques publiques et à une profonde perte de confiance envers la gauche au pouvoir.
La rupture est nette. En l’espace de quelques mois, les équilibres électoraux se sont inversés parmi les moins de 45 ans. Là où la gauche conservait jusqu’ici un avantage décisif, la droite domine désormais toutes les tranches d’âge, y compris les plus jeunes. Cette évolution n’est ni marginale ni conjoncturelle, elle s’inscrit dans une dynamique lourde de recomposition politique, portée par une génération qui ne se reconnaît plus dans le discours ni dans les résultats de gouvernements successifs.
Une génération piégée dans l’impasse sociale
Le moteur principal de cette droitisation n’est ni idéologique ni identitaire au sens strict. Il est d’abord matériel. Pour une large partie des jeunes Espagnols, l’entrée dans l’âge adulte se fait sous le signe du blocage : salaires stagnants, emplois instables, coût du logement prohibitif, impossibilité de quitter le foyer familial avant la trentaine. À cette réalité économique s’ajoute une impression persistante de déclassement générationnel, nourrie par la conviction que la démocratie actuelle ne garantit plus l’ascension sociale qu’elle promettait.
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