Être progressiste n’est pas un passe-droit : pourquoi la rectrice Petra De Sutter aurait dû se retirer d’elle-même
Publié par Peter Backx
Le discours inaugural de Petra De Sutter (photo), rectrice de l’Université de Gand et ancienne vice-Première ministre de Groen, contient plusieurs citations inventées par l’intelligence artificielle. Pour certains, il ne s’agirait là que d’une polémique exagérée : après tout, le texte n’était pas un article scientifique, et l’erreur est humaine. Plus problématique, en revanche, est l’argument selon lequel l’université disposerait enfin d’une rectrice progressiste et que, pour cette raison, son mandat ne devrait pas être remis en question.
Les faits sont pourtant sans ambiguïté. Petra De Sutter a eu recours à l’IA générative pour rédiger son discours d’ouverture et y a intégré trois citations erronées : une phrase qu’Albert Einstein n’a jamais prononcée, une prétendue allocution rectorale de Hans Jonas historiquement impossible, et un passage attribué à tort à Paul Verhaeghe. Ces citations n’étaient pas anecdotiques. Elles visaient explicitement à étayer l’argumentation et à lui conférer une autorité intellectuelle.
Une erreur, puis le silence
Plus grave encore que l’erreur initiale est la manière dont l’université a géré l’affaire. Le texte du discours a d’abord été modifié sur le site de l’UGent après que des membres du personnel ont signalé les erreurs en interne, puis une seconde fois à la suite de questions de journalistes. Ce n’est qu’ensuite que l’usage de l’IA et sa responsabilité dans ces erreurs ont été reconnus explicitement. Pour une institution qui revendique la transparence académique, cette gestion inspire peu de confiance.
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