Face aux émeutiers notamment milanais, la réponse ferme et simple de Meloni
Après les pillages et les violences à Milan, Giorgia Meloni annonce un durcissement des sanctions, des procédures accélérées d’indemnisation et l’envoi de 500 militaires supplémentaires. Son message tient en quelques mots : manifester est un droit, détruire et voler relève de la criminalité.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
Après les violences à Milan, Giorgia Meloni annonce jusqu’à cinq ans de prison pour les manifestants violents, le remboursement des dégâts et 500 militaires supplémentaires.
Elle entend responsabiliser aussi les parents des mineurs et martèle que le malaise social ne peut justifier les pillages ni les agressions.
Des magasins pillés, des vitrines brisées, des policiers agressés. Dans un message vidéo diffusé après le Conseil des ministres du 20 octobre, Giorgia Meloni expose sa réponse aux violences qui ont frappé Milan et d’autres villes italiennes. La présidente du Conseil refuse toute banalisation de ces scènes et présente un nouveau décret de sécurité autour d’un principe : rendre leurs actes coûteux pour les casseurs, pénalement comme financièrement.
Selon les chiffres qu’elle avance, les violences ont fait près de 200 blessés parmi les forces de l’ordre. À Milan, les dégâts atteindraient environ un million d’euros, d’après l’organisation de commerçants Confcommercio citée dans son intervention. Les forces de l’ordre ont par ailleurs interpellé ou arrêté 330 personnes, indique-t-elle.
Jusqu’à cinq ans de prison
Première mesure annoncée : une nouvelle infraction visant la participation violente à une manifestation. Meloni en donne une traduction concrète : rejoindre un groupe d’au moins cinq personnes et lancer des pierres, des pétards ou utiliser des bâtons en mettant en danger la sécurité d’autrui pourra exposer à cinq ans de prison et à 20.000 euros d’amende.
La cheffe du gouvernement annonce des peines aggravées lorsque les auteurs dissimulent leur visage ou blessent quelqu’un, ainsi qu’un durcissement des sanctions contre les dégradations commises en groupe. Elle rappelle aussi les dispositifs de reconnaissance biométrique, notamment avec l’intelligence artificielle, destinés à identifier ceux qui se cachent sous une capuche.
L’objectif affiché consiste à empêcher que le groupe, l’anonymat et la confusion des cortèges ne nourrissent un sentiment d’impunité.
« Qui casse paie »
Le deuxième volet touche au portefeuille. « Qui casse paie. Et si celui qui casse est mineur, ses parents paient », résume Giorgia Meloni.
Pour les biens publics endommagés - abribus, feux de signalisation ou véhicules -, elle annonce une injonction de paiement directement adressée par le préfet. Pour les dommages privés, comme une vitrine ou une voiture détruite, la victime pourrait obtenir du juge une injonction immédiatement exécutoire.
Dans la présentation qu’en fait Meloni, une contestation resterait possible, mais elle ne suspendrait pas le paiement immédiat. Le recouvrement pourrait porter sur le patrimoine familial, y compris sur des sommes dues par l’État à la famille.
Derrière cette fermeté, la dirigeante italienne veut remettre les victimes au centre du débat : derrière une vitrine, rappelle-t-elle, se trouvent les économies d’une famille, des emplois et la vie d’un quartier.
Les mineurs également concernés
Le décret entend aussi modifier le traitement pénal des adolescents. Pour les jeunes de 14 à 18 ans, Meloni annonce une présomption de capacité à comprendre leurs actes, sauf preuve contraire. Jusqu’ici, explique-t-elle, cette capacité devait faire l’objet d’une appréciation individuelle.
Elle annonce également l’extension aux mineurs de la retenue préventive et des moyens supplémentaires pour la justice des mineurs : davantage de magistrats et de places dans les établissements.
À Milan, 500 militaires supplémentaires renforceront le dispositif de sécurité jusqu’à la fin de l’année. Le ministère italien de la Défense confirme leur déploiement dans le cadre de l’opération Strade Sicure, pour renforcer les patrouilles et la surveillance des sites sensibles, en coordination avec la police et les carabiniers.
La violence comme spectacle sur les réseaux sociaux
Meloni décrit aussi une évolution du profil des participants. Aux groupes radicaux habitués aux affrontements se seraient ajoutés des centaines de très jeunes, souvent mineurs, mobilisés par des vidéos sur les réseaux sociaux. Certains seraient venus pour casser, voler et se filmer.
Selon elle, la moitié des 330 personnes interpellées ou arrêtées seraient d’origine étrangère, une catégorie dans laquelle elle inclut les personnes nées à l’étranger et celles nées en Italie dans des familles étrangères. Le plus jeune des individus identifiés à Milan aurait seulement 11 ans.