À Rome, De Wever et Meloni affichent leur entente : « L’Europe doit renforcer sa frontière sud »
En visite à Rome, Bart De Wever a affiché sa proximité avec Giorgia Meloni sur l’immigration, la compétitivité et la défense. Le Premier ministre belge réclame une meilleure protection de la frontière méditerranéenne de l’Europe et surtout une politique de retour réellement crédible.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
À Rome, Bart De Wever et Giorgia Meloni ont affiché leurs convergences sur l’immigration, les frontières européennes, la compétitivité, l’énergie et la défense.
Bart De Wever et Giorgia Meloni ne se sont guère cherché de sujets de désaccord lundi à Rome. Reçu par la présidente du Conseil italien, le Premier ministre belge a au contraire affiché une proximité politique assumée avec son homologue, particulièrement sur l’immigration et la protection des frontières européennes.
« La migration est un problème important et je comprends parfaitement la position italienne », a déclaré Bart De Wever. Le Premier ministre souhaite désormais voir le Pacte européen sur la migration et l’asile être pleinement appliqué, sans laisser de côté son volet le plus délicat : le retour des personnes qui ne peuvent rester sur le territoire européen.
« Seule une politique de retour crédible peut faire réussir la politique migratoire européenne », a-t-il insisté.
« Renforcer la frontière sud de l’Europe »
Bart De Wever a surtout appelé l'Union européenne à accorder à sa frontière méditerranéenne une attention comparable à celle qu'elle porte à son flanc oriental.
« Je comprends parfaitement que nous devions renforcer la frontière sud de l’Europe. Nous parlons beaucoup de la frontière orientale et des menaces qui s’y trouvent, mais nous ne devons pas oublier que nous avons une frontière au sud, une frontière sur la Méditerranée », a déclaré le Premier ministre.
Une position qui rejoint directement celle défendue depuis plusieurs années par Giorgia Meloni. La dirigeante italienne a elle aussi estimé que la survie de l’espace Schengen dépendait de la capacité de l’Europe à contrôler ses frontières extérieures.
« Je reste fermement convaincue que l’espace Schengen ne peut être maintenu que si les frontières extérieures de l’Union sont protégées et si chacun apporte sa contribution à la lutte contre les passeurs », a-t-elle déclaré.
La question a pris une acuité particulière après la crise migratoire de cet été à Ceuta, lorsque des dizaines de milliers de personnes ont tenté de gagner l’enclave espagnole depuis le Maroc. L’Italie a depuis rétabli des contrôles pour les voyageurs arrivant d’Espagne, mesure récemment prolongée de quinze jours.
Le mie congratulazioni alla mia grande amica @GiorgiaMeloni , da oggi alla guida del governo più longevo nella storia italiana del dopoguerra.
— Bart De Wever (@Bart_DeWever) September 4, 2026
In un momento di profonda incertezza geopolitica, la stabilità e l’autorevolezza che assicura all’Italia e all’Europa sono altamente… pic.twitter.com/K1WBvk4s6w
De Wever salue le « leadership » de Meloni
La rencontre avait aussi valeur de démonstration politique. La N-VA et Fratelli d’Italia siègent tous deux au sein du groupe ECR au Parlement européen et Bart De Wever a qualifié Giorgia Meloni et lui-même de « compagnons de combat » au Conseil européen.
Le Premier ministre belge a salué le « leadership » de son homologue ainsi que les « excellentes » relations entre la Belgique et l’Italie. Et il a choisi de le faire en italien, remerciant son hôte dans sa langue et obtenant au passage les applaudissements de Giorgia Meloni.
La proximité entre les deux dirigeants dépasse d’ailleurs largement la seule question migratoire. Rome et Bruxelles partagent, selon Bart De Wever, le même souci de restaurer la compétitivité européenne et de lutter contre les prix élevés de l’énergie, devenus un handicap majeur pour l’industrie du continent.
Le Premier ministre belge a également salué la coopération avec l’Italie contre la criminalité organisée.
Industrie, défense et Ukraine
Les deux gouvernements souhaitent encore approfondir leurs relations dans le domaine de la défense, alors que les pays européens augmentent leurs budgets militaires et accélèrent leur réarmement.
« Davantage de coopération est à l’ordre du jour et nous sommes très intéressés à faire davantage avec l’industrie italienne », a indiqué Bart De Wever.
Sur l’Ukraine et le Moyen-Orient, les deux dirigeants ont enfin appelé à intensifier les efforts diplomatiques afin de mettre un terme aux conflits. « Nous estimons que nous devons fournir davantage d’efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit sur notre propre continent », a déclaré le Premier ministre belge à propos de la guerre en Ukraine.
De l’immigration à l’industrie en passant par la défense, la visite romaine aura donc surtout confirmé une convergence déjà perceptible au niveau européen. Bart De Wever ne s’en cache d’ailleurs nullement : avec Giorgia Meloni, le Premier ministre belge estime avoir trouvé une alliée — et même, selon ses propres termes, une « compagne de combat ».