« À l'école, on va le visage découvert » : Meloni annonce l'interdiction du voile intégral
Giorgia Meloni annonce une nouvelle offensive sur l'intégration à l'école. Le gouvernement italien veut plafonner le nombre d'élèves étrangers par classe, imposer l'apprentissage de l'italien à certains parents et interdire la burqa et le niqab dans les établissements scolaires.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Giorgia Meloni veut plafonner le nombre d'élèves étrangers par classe en Italie et interdire burqa et niqab à l'école : « Les enfants italiens ne peuvent pas devenir minoritaires. »
Giorgia Meloni veut durcir les règles d'intégration dans les écoles italiennes. La présidente du Conseil a annoncé dimanche l'arrivée prochaine en Conseil des ministres d'un texte instaurant un nombre maximal d'élèves étrangers par classe et interdisant le port de la burqa et du niqab à l'école.
L'annonce a été faite à Rome lors de Fenix, le rassemblement de Gioventù Nazionale, l'organisation de jeunesse de Fratelli d'Italia. Le texte doit également obliger les parents d'élèves étrangers rencontrant d'importantes difficultés d'intégration scolaire à apprendre l'italien.
« Les enfants italiens ne peuvent pas devenir minoritaires »
Meloni a justifié le plafonnement annoncé par la nécessité, selon elle, d'éviter la constitution de classes dans lesquelles les élèves italiens deviendraient très minoritaires.
« Il n'est pas question que, dans une classe italienne, ce soient les enfants italiens qui se sentent dans un coin parce qu'ils sont devenus minoritaires », a déclaré la dirigeante italienne.
Il n'est pas question que, dans une classe italienne, ce soient les enfants italiens qui se sentent dans un coin parce qu'ils sont devenus minoritaires.
Giorgia Meloni
Un dispositif existe déjà : une circulaire ministérielle prévoit depuis plusieurs années un plafond de 30 % d'élèves de nationalité étrangère dans une classe, avec différentes possibilités d'adaptation. Le gouvernement entend désormais inscrire un plafond dans la loi, mais Meloni n'a pas encore précisé le seuil qui sera retenu ni les modalités concrètes de son application.
La mesure soulève d'ailleurs une difficulté pratique. Antonello Giannelli, président de l'Association nationale des chefs d'établissement, juge son principe « fondé et partageable » du point de vue pédagogique, mais souligne qu'il peut être difficile à appliquer dans les quartiers où la population étrangère est particulièrement importante : les écoles doivent en priorité accueillir les enfants de leur secteur géographique.
Burqa et niqab interdits à l'école
L'autre mesure annoncée concerne le voile intégral. Le futur texte doit interdire burqa et niqab dans les établissements scolaires.
« À l'école, on va le visage découvert », a affirmé Meloni, ajoutant que personne ne devait pouvoir décider, au nom d'une tradition « réelle ou supposée », qu'une jeune femme devait se cacher. Pour la présidente du Conseil, « l'égalité entre les hommes et les femmes n'est pas négociable ».
L'Italie ne dispose actuellement d'aucune interdiction nationale visant expressément la burqa ou le niqab dans l'ensemble de l'espace public. Une loi de 1975 interdit toutefois de dissimuler son visage sans motif valable lorsqu'une identification est nécessaire.
La question faisait déjà l'objet de plusieurs initiatives politiques. La Ligue de Matteo Salvini, partenaire de Fratelli d'Italia au gouvernement, avait déposé un texte visant à renforcer l'interdiction des vêtements dissimulant le visage. Le nouveau parti Futuro Nazionale de Roberto Vannacci, qui entend occuper un espace politique à la droite de la coalition gouvernementale, avait également réclamé cet été l'interdiction de la burqa à l'école. Vannacci a salué dimanche les annonces de Meloni tout en estimant qu'elles auraient dû intervenir « il y a des années ».
L'opposition dénonce une opération politique
À gauche, les annonces ont immédiatement provoqué des critiques. Le Parti démocrate et d'autres formations d'opposition accusent Giorgia Meloni de chercher à concurrencer Vannacci sur les questions d'immigration et d'identité à l'approche des élections législatives prévues en 2027. La secrétaire du PD, Elly Schlein, a notamment contesté l'utilité du nouveau plafond d'élèves étrangers et rappelé les difficultés pratiques déjà rencontrées avec la règle des 30 %.
Le ministre de l'Éducation Giuseppe Valditara défend au contraire la mesure au nom de l'intégration. Il accuse ses adversaires de s'accommoder de « classes ghettos » et affirme vouloir éviter une séparation de fait entre établissements ou classes concentrant les enfants étrangers et ceux accueillant principalement des Italiens.
Le gouvernement devra désormais préciser deux éléments déterminants : le pourcentage maximal d'élèves étrangers qui sera inscrit dans la loi et la manière dont celui-ci pourra être respecté dans les quartiers où une forte proportion des enfants scolarisés est issue de l'immigration.