François Fillon appelle à un soutien militaire massif au Liban
Dans un message publié sur Facebook, François Fillon réagit à l’escalade militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis. L’ancien Premier ministre qualifie le régime iranien « d'indéfendable », estime que la guerre actuelle relève d’une logique de légitime défense malgré sa fragilité juridique, et appelle la France et l’Europe à concentrer leurs efforts sur la protection du Liban.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Réagissant à l’escalade entre l’Iran, Israël et les États-Unis, François Fillon qualifie le régime iranien d’indéfendable et estime que la guerre actuelle relève d’une logique de légitime défense malgré sa fragilité juridique. Constatant l’impuissance européenne dans le conflit, il appelle la France et l’Union européenne à concentrer leurs efforts sur le Liban, en plaidant pour un soutien financier et militaire massif afin de protéger un pays qu’il considère comme stratégique et particulièrement vulnérable.
François Fillon ne laisse aucune ambiguïté sur son analyse du pouvoir en place à Téhéran. Selon lui, la République islamique constitue « le cœur du réacteur islamiste radical » responsable de centaines de milliers de morts dans le monde. Il évoque explicitement les attentats qui ont frappé la France – Paris, Nice, Strasbourg, Toulouse, Arras – ainsi que l’attentat du Drakkar à Beyrouth en 1983, estimant que l’Iran a, directement ou indirectement, fait couler le sang français.
Pour l’ancien chef du gouvernement, la guerre asymétrique menée depuis des décennies par Téhéran contre l’Occident et ses alliés a fini par déboucher sur un affrontement conventionnel avec les États-Unis et Israël.
Une guerre « hors des règles » mais relevant de la légitime défense
Il adopte une position nuancée sur la légalité de l’intervention. Il écrit que la guerre déclenchée par Donald Trump et Benyamin Netanyahou est « hors des règles du droit international », établissant un parallèle avec d’autres interventions controversées. Mais il considère qu’elle répond néanmoins à un principe de légitime défense face à un régime qu’il juge structurellement hostile et déstabilisateur.
Il souligne cependant l’incertitude radicale quant à l’issue du conflit. Si le régime iranien s’effondrait au profit d’un pouvoir civil capable d’éviter la guerre civile, « le monde s’en porterait mieux ». S’il survivait, prévient-il, le Moyen-Orient devrait composer avec un pouvoir « ivre de revanche », susceptible d’intensifier ses efforts de déstabilisation régionale.
L’Europe « engagée sans être actrice »
L’ancien Premier ministre estime que l’Europe n’a pas été associée à la décision d’entrer en guerre et que ses moyens militaires ne lui permettent pas de jouer un rôle décisif dans l’affrontement en cours. Il juge donc inutile de multiplier les prises de position morales sur le respect du droit international, qu’il considère souvent invoqué de manière sélective.
Son raisonnement conduit à une conclusion pragmatique : agir là où la France et l’Europe disposent encore d’une capacité d’influence réelle.
Le Liban comme priorité stratégique
Pour François Fillon, cette priorité s’appelle le Liban. Il considère que le pays va, une nouvelle fois, subir de plein fouet les conséquences d’un conflit régional alors même qu’il traverse une crise politique, économique et sociale d’une extrême fragilité.
Il appelle la France et l’Union européenne à concentrer leurs efforts sur la protection du Liban, en lui apportant un soutien financier et militaire qu’il qualifie de « vital ». Le mandat de la FINUL, selon lui, doit être redéfini par le Conseil de sécurité des Nations unies afin de répondre plus efficacement aux exactions du Hezbollah et aux violations du territoire libanais.
À défaut d’une réforme onusienne, il estime que la France et l’Europe devraient offrir au gouvernement libanais un soutien militaire « massif et immédiat » pour préserver l’existence du « seul État multiconfessionnel du Moyen-Orient ».