Geert Noels : « 20 % de la population paient 65 % des impôts sur les salaires. Des gens qui n'ont pas le temps de descendre dans la rue »
L'économiste Geert Noels dénonce le poids de la fiscalité sur les contribuables belges les plus aisés. Selon lui, les 20 % de la population qui acquittent 65 % des impôts sur les salaires ne disposent pas des mêmes moyens de mobilisation que ceux qui manifestent contre les réformes sociales.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Geert Noels affirme que 20 % des Belges paient 65 % des impôts sur les salaires et dénonce la pression fiscale ainsi que la défense des abus sociaux.
Qui paie réellement pour financer le modèle social belge ? Dans deux publications sur les réseaux sociaux, l'économiste flamand Geert Noels s'attaque à la répartition de l'effort fiscal et aux partis politiques qui, selon lui, défendent certains abus sociaux au nom de la solidarité.
Fondateur et dirigeant d'Econopolis, société belge spécialisée dans la gestion de patrimoine, Geert Noels est une voix régulièrement présente dans le débat économique national.
Cette fois, il avance des chiffres destinés à illustrer la concentration de l'impôt sur une partie de la population. « Les 20 % les plus aisés de la population belge paient 65 % des impôts sur les salaires, tandis que la moitié inférieure de la population n'en paie que 7 % », écrit-il. Une répartition qui, selon lui, devrait conduire les responsables politiques à s'interroger sur les limites de l'effort demandé aux contribuables les plus sollicités.
De top20% van de Belgische bevolking betaalt 65% van de loonbelastingen, de onderste helft van de bevolking 7% van de belastingen. Dit is voor allerlei sociale voordelen en transfers die opnieuw naar de onderste gaan.
— Geert Noels (@GeertNoels) October 10, 2026
Je kan niet blijven de sterkste schouders belasten, die…
« On ne peut pas continuer à taxer les épaules les plus solides »
Dans son premier message, Geert Noels rappelle que les recettes fiscales contribuent au financement de prestations sociales et de transferts bénéficiant notamment aux ménages les moins favorisés. Mais l'économiste estime que la solidarité ne peut justifier une augmentation indéfinie de la pression fiscale sur ceux qui contribuent déjà le plus. « On ne peut pas continuer à taxer les épaules les plus solides », affirme-t-il.
Il ajoute une observation sur le rapport de force dans le débat public : ces contribuables, selon lui, « n'ont d'ailleurs ni le temps ni l'organisation nécessaires pour descendre dans la rue ».
La formule suggère un déséquilibre entre le poids économique de certains groupes et leur visibilité dans les mobilisations sociales. Pour Noels, les citoyens qui supportent une part importante de l'impôt ne sont pas nécessairement ceux dont les revendications se font le plus entendre dans la rue.
« Je trouve immoral de défendre les abus sociaux au nom de la solidarité »
Dans une seconde publication, l'économiste va plus loin en mettant directement en cause le discours de certains partis politiques. « Je comprends que des partis défendent la majorité de la population qui contribue peu, mais je trouve immoral qu'ils défendent les abus sociaux sous couvert de solidarité et d'arguments sociaux », écrit-il.
La distinction est importante : Geert Noels ne conteste pas explicitement le principe de la redistribution. Il reproche à certaines formations politiques de confondre, selon lui, la défense des bénéficiaires légitimes du système social et la protection de pratiques abusives.
Son intervention pose ainsi une question récurrente dans le débat belge : jusqu'où peut-on demander aux contribuables les plus fortement imposés de financer la solidarité collective, et comment distinguer celle-ci des abus éventuels ?