750.000 travailleurs de moins, 200.000 fonctionnaires de plus qu’aux Pays-Bas : Geert Noels chiffre le « problème belge » à 25-30 milliards
Et si le déficit belge était d'abord un problème d'emploi et de structure de l'État ? Geert Noels compare la Belgique à ses voisins et estime qu'en comblant ses écarts de taux d'emploi, de maladie de longue durée et d'emploi public, elle pourrait améliorer ses finances de 25 à 30 milliards d'euros.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Geert Noels compare la Belgique aux Pays-Bas et à l'Allemagne : 750.000 travailleurs potentiels supplémentaires, 200.000 fonctionnaires en plus et jusqu'à 300.000 malades de longue durée supplémentaires. Il chiffre l'enjeu à 25-30 milliards d'euros.
Pour assainir les finances publiques belges, faut-il vraiment commencer par chercher de nouveaux impôts ? Geert Noels propose une tout autre lecture du problème. L'économiste belge s'est livré sur X à une comparaison de la Belgique avec ses voisins, en particulier les Pays-Bas et l'Allemagne. Sa conclusion tient en cinq mots : « Résoudre cela résout le budget. »
Naar verhouding telt België zo'n 200.000 ambtenaren meer dan Nederland, terwijl er met de Nederlandse werkzaamheidsgraad zo'n 750.000 mensen meer aan de slag zouden zijn, vrijwel allemaal in de private sector.
— Geert Noels (@GeertNoels) October 6, 2026
Tevens zijn er 150.000 langdurig zieken meer dan in NL, 300.000…
Selon ses calculs, ramener plusieurs grandes caractéristiques du marché du travail belge au niveau observé chez ses voisins pourrait améliorer les finances publiques d'un montant équivalent à environ 4 à 5 % du PIB. Après élimination des doubles comptages, Noels évalue le potentiel à 25 à 30 milliards d'euros.
750.000 personnes supplémentaires au travail
Le premier écart identifié par l'économiste est de loin le plus important. Si la Belgique affichait le même taux d'emploi que les Pays-Bas, estime-t-il, environ 750.000 personnes supplémentaires travailleraient dans le pays. Et Noels précise que ces emplois supplémentaires se trouveraient « presque tous dans le secteur privé ».
Il évalue l'amélioration correspondante pour les finances publiques à environ 21 milliards d'euros. Le raisonnement repose sur un double effet : davantage de personnes au travail signifie davantage de recettes fiscales et sociales, mais aussi moins de dépenses liées à l'inactivité.
Il ne s'agit donc pas d'affirmer que 750.000 emplois pourraient être créés du jour au lendemain. Noels mesure ce que représenterait, toutes choses égales par ailleurs, un rapprochement du taux d'emploi belge de celui de son voisin néerlandais.
200.000 fonctionnaires de plus qu'aux Pays-Bas
Deuxième différence mise en avant : le poids de l'emploi public. Rapporté à la taille des deux pays, la Belgique compterait environ 200.000 fonctionnaires de plus que les Pays-Bas, selon Noels.
L'économiste chiffre à environ 9 milliards d'euros l'effet budgétaire associé à cet écart. Là encore, la comparaison ne signifie pas que 200.000 agents publics pourraient ou devraient être licenciés. Elle vise à illustrer la différence de structure entre les deux économies et le coût que Noels lui associe.
Mise en regard de son premier chiffre, elle nourrit surtout son constat : la Belgique disposerait proportionnellement de moins de travailleurs qu'aux Pays-Bas, tout en employant davantage de personnes dans son secteur public.
Jusqu'à 300.000 malades de longue durée supplémentaires
Le troisième écart concerne un problème devenu majeur en Belgique : la maladie de longue durée. Noels estime que le pays compte, proportionnellement, 150.000 malades de longue durée de plus que les Pays-Bas. L'écart atteindrait 300.000 personnes par rapport à l'Allemagne.
En prenant cette dernière comparaison comme référence, il chiffre l'enjeu budgétaire à environ 6 milliards d'euros.
C'est cependant ici qu'une addition mécanique des chiffres deviendrait trompeuse. Une partie des malades de longue durée qui retourneraient sur le marché du travail se retrouverait nécessairement déjà comprise parmi les 750.000 travailleurs supplémentaires du premier calcul.
21 + 6 + 9 ne font donc pas 36 milliards
Geert Noels insiste lui-même sur cette précaution. Additionnés séparément, les trois montants avancés — 21 milliards pour l'emploi, 6 milliards pour les malades de longue durée et 9 milliards pour l'emploi public — atteindraient 36 milliards d'euros.
Mais les catégories se chevauchent. C'est pourquoi l'économiste ne prétend pas que la Belgique pourrait récupérer 36 milliards. Une fois les doubles comptages éliminés, il retient une estimation globale de 25 à 30 milliards d'euros, soit approximativement 4 à 5 % du PIB. C'est ce montant qui lui fait écrire : « Résoudre cela résout le budget. »
« Étrange qu'il y ait moins de recherches académiques là-dessus »
Au-delà de l'exercice chiffré, Noels formule une critique beaucoup plus politique sur la manière dont la Belgique aborde ses problèmes budgétaires.
Il juge « étrange » que ces écarts avec les économies voisines suscitent, selon lui, moins de travaux académiques que les pistes reposant sur « des impôts supplémentaires, davantage d'égalité, etc. ».
Les chiffres avancés constituent une estimation comparative de Geert Noels, et non le chiffrage officiel d'un plan budgétaire immédiatement applicable. Mais son ordre de grandeur est précisément le cœur de sa démonstration : selon lui, les faiblesses structurelles du marché du travail et de l'appareil public belges représentent à elles seules plusieurs dizaines de milliards d'euros d'enjeu budgétaire.