Depuis plusieurs années, la génération Z occupe une place disproportionnée dans les débats sur le travail. On la dit impatiente, instable, rétive à l’effort, obsédée par l’équilibre de vie et peu disposée à faire ses preuves. Pourtant, derrière les caricatures et les procès moraux, un constat plus profond s’impose : la crise actuelle n’est pas d’abord culturelle ou psychologique, elle est structurelle. La génération Z ne rejette pas le travail ; elle constate qu’il ne paie plus comme avant, ni matériellement, ni symboliquement.
Ce basculement se lit dans des comportements parfois déroutants pour les employeurs. Certains jeunes actifs privilégient désormais des emplois stables, routiniers, à responsabilités limitées, là où les générations précédentes recherchaient ascension, prestige et intensité. D’autres refusent les fonctions managériales, déclinent des promotions ou quittent rapidement des postes jugés trop flous ou trop envahissants. Ces choix ne relèvent pas d’un désengagement généralisé, mais d’un nouvel arbitrage entre effort consenti et bénéfice attendu.
Une génération formée dans un monde instable
La génération Z arrive sur le marché du travail après une succession de chocs : pandémie mondiale, inflation brutale, crise du logement, accélération technologique, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle. À cela s’ajoute le phénomène inédit que pour la première fois, quatre générations sociologiques (boomers, génération X, génération Y et génération Z) cohabitent durablement dans les entreprises, avec des normes, des références et des attentes parfois incompatibles.
Surtout, les jeunes actifs entrent dans la vie professionnelle dans un contexte où le concept même de carrière est brouillé. Les parcours linéaires se raréfient, les emplois d’entrée de gamme se font plus précaires ou plus automatisés, et les promesses implicites d’hier — progression, formation, reconnaissance — se sont largement érodées. Dans ce cadre, exiger patience et loyauté sans offrir de perspective lisible apparaît de plus en plus irréaliste.
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