« On ne peut pas construire 25.000 emplois sur 1/10 du courrier » : Chris Peeters (bpost)
Dans une interview accordée à la RTBF, Chris Peeters, CEO de bpost, tire la sonnette d’alarme : le courrier papier traditionnel s’effondre en Belgique sous l’effet de la digitalisation. Un déclin accéléré qui pourrait mener à la quasi-disparition de cette activité historique.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Chris Peeters (bpost) alerte sur la fin prochaine du courrier papier en Belgique : -15% en un an, disparition déjà totale au Danemark. Un tournant historique pour l’opérateur postal.
Dans une interview accordée à la RTBF, Chris Peeters, administrateur délégué de bpost, dresse un constat particulièrement lucide et sans concession sur l’avenir du courrier traditionnel en Belgique.
L’accélération spectaculaire du déclin
L’enjeu est majeur pour bpost, qui emploie environ 25.000 personnes. Le CEO ne cache pas l’ampleur du phénomène :
Ce qu’on voit c’est qu’au niveau du courrier on a un déclin qui était auparavant d’environ 8 à 10 pourcent et qui a augmenté au moins de 10 à 15 %. L’année passée 15 %, ce qui veut dire que la réduction de l’activité autour du courrier va très vite.
Ce rythme s’est nettement accéléré. Chris Peeters cite les exemples de pays voisins qui sont déjà plus avancés dans cette transition :
On voit déjà au Danemark, c’est complètement fini. La Hollande demande déjà de l’arrêter aussi ce qui veut dire c’est une activité qui va arrêter d’exister d’ici quelques années.
Une disparition automatique liée à la digitalisation
Interrogé sur la possibilité que la Belgique suive le même chemin et supprime progressivement le courrier papier, le CEO est catégorique : « C’est quelque chose qui va se faire automatiquement. »
Il explique ce déclin structurel par l’évolution profonde des comportements :
Ça on voit partout en Europe que ce déclin se fait par la digitalisation de plus en plus les gens utilisent pour leur facture, pour leur communication des moyens digitaux et ça veut dire que le courrier lui-même va diminuer.
Que restera-t-il du courrier traditionnel ?
Chris Peeters reste réaliste sur les volumes qui subsisteront :
« Ce qui va rester, c’est un flux très limité, le recommandé peut-être va rester d’une façon ou d’une autre, les invitations de mariage des choses comme ça ça va peut-être mais évidemment on peut pas construire une entreprise de 25 000 personnes sur une activité qui sera 1/10 de l’activité d’aujourd’hui. »
Ce témoignage marque un tournant. Pour bpost, la transformation vers les colis et la logistique n’est plus une stratégie parmi d’autres, mais une condition de survie. Le modèle postal historique, tel qu’on l’a connu pendant plus d’un siècle, est en train de disparaître sous l’effet de la digitalisation.
Un sujet qui devrait animer le débat public dans les prochains mois en Belgique.