« Il s’en va, je m’en vais » : comment Schumacher a protégé Jean Todt chez Ferrari
Alain Prost lui prédisait moins de deux ans chez Ferrari. Face à Louis Sarkozy, Jean Todt raconte les doutes, le soutien décisif de Schumacher et la pression avant le sacre de 2000. Derrière les titres, une équipe dont la reconstruction aurait pu s’interrompre avant de porter ses fruits.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Jean Todt raconte à Louis Sarkozy comment Schumacher a défendu sa place chez Ferrari, des avertissements de Prost au sacre sous pression de 2000.
« Il s’en va, je m’en vais. » Selon Jean Todt, ces quelques mots de Michael Schumacher ont suffi à mettre un terme aux discussions sur son remplacement chez Ferrari. Dans En toute liberté, face à Louis Sarkozy, l’ancien dirigeant de la Scuderia raconte comment le pilote allemand a lié son propre avenir au sien, à une époque où leurs relations étaient encore essentiellement professionnelles. Schumacher, explique-t-il, estimait que l’équipe avançait dans la bonne direction.
L’argument avait du poids. Le pilote était arrivé chez Ferrari en 1996 avec deux titres mondiaux, remportés en 1994 et 1995. On pouvait contester les qualités du manager, observe Todt ; celles du champion étaient beaucoup plus difficiles à mettre en doute. Son intervention a offert au dirigeant ce dont une équipe en reconstruction avait le plus besoin : du temps.
Quand on disait : « Il faut le changer », en parlant de moi, il a dit : « Il s’en va, je m’en vais. » Donc, ça s’est arrêté. On pouvait douter de mes qualités de manager, mais on ne pouvait pas douter des qualités de Michael, puisqu’il avait été champion du monde en 94 et 95.
Jean Todt
« Tu ne dureras pas deux ans »
Quand Jean Todt rejoint Ferrari, le 1er juillet 1993, il abandonne pourtant une situation confortable. Chez Peugeot, il a une réputation établie et un poste stable. L’aventure italienne est sa première expérience en Formule 1. Il se souvient des mises en garde de son entourage, dont celle d’Alain Prost : « Tu ne dureras pas deux ans. »
Si dans deux ans, t’es licencié et que tu ne retrouves jamais plus un boulot, comment tu vas faire ? Mais néanmoins, le challenge l’a emporté. Le défi l’a emporté.
Jean Todt
Todt prend le risque très au sérieux. Il raconte avoir envisagé un licenciement, puis la difficulté à retrouver un emploi. Le défi finit par l’emporter, sans supprimer l’angoisse. Durant les premières années, lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, l’avertissement de Prost lui revient en tête. Avec le recul, il reconnaît aussi que la patience des actionnaires tenait à leur manque de meilleure solution.
Une journée de négociations à Monaco
L’arrivée de Schumacher se prépare par des discussions avec son manager. Todt raconte plusieurs rencontres, puis une journée entière dans une suite de l’Hôtel de Paris, à Monaco, pour négocier le contrat. À la fin de la journée, l’accord est signé. Le recrutement du pilote s’inscrit dans un programme technique et s’accompagne de l’arrivée d’ingénieurs : Ferrari doit offrir au champion les moyens de gagner.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter