Israël : Gadi Eisenkot aura jusqu’à six semaines pour tenter de succéder à Netanyahu
Isaac Herzog a annoncé samedi soir qu’il chargerait Gadi Eisenkot de former un gouvernement. Il recevra son mandat dimanche. Les élections du 27 octobre ont privé Benjamin Netanyahu de sa majorité.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Avec 19 élus à eux deux, la Liste commune et le Ra’am pourraient peser sur la formation du prochain gouvernement israélien. Un soutien arabe à un cabinet minoritaire divise les alliés de Gadi Eisenkot, tandis qu’un accord avec le Likoud se heurte à des désaccords sur la conscription et l’enquête sur le 7 octobre.
Gadi Eisenkot disposera de 28 jours pour former une coalition. Le président israélien pourra lui accorder jusqu’à 14 jours supplémentaires. Ancien chef d’état-major, Eisenkot dirige le parti centriste Yashar. Il a été le principal adversaire de Benjamin Netanyahu durant la campagne.
Le Likoud reste le premier parti de la Knesset avec 27 sièges, devant Yashar et ses 21 élus. Aucun des deux camps ne dispose des 61 sièges nécessaires à une majorité. Netanyahu détient le record de longévité à la tête du gouvernement israélien.
Lors des consultations présidentielles, les représentants de 67 députés ont recommandé Eisenkot, contre 46 pour Netanyahu. Herzog a aussi relevé des vetos entre les partis. Ces recommandations laissent ouverte la composition du futur gouvernement.
Gadi Eisenkot face au choix des alliances
La Liste commune et le Ra’am totalisent 19 sièges. Leur progression leur donne un poids décisif si les deux grands blocs restent divisés. Le Ra’am a déjà participé à une coalition en 2021, un précédent unique pour un parti arabe en Israël.
Eisenkot pourrait chercher l’appui de ces formations pour un gouvernement minoritaire, sans les faire entrer dans la coalition. Certains de ses alliés rejettent cette formule. Le chef de Yashar a posé comme condition de reconnaître le Hamas comme une organisation terroriste qu’il faut démanteler.
Une coalition d’union avec le Likoud constitue une autre possibilité. Eisenkot a déjà affirmé qu’il refuserait de siéger avec Netanyahu. Les alliés religieux de Netanyahu réclament des exemptions de service militaire pour les hommes ultraorthodoxes. Le Premier ministre s’oppose aussi à une enquête officielle sur les défaillances de sécurité du 7 octobre 2023.
Netanyahu plaide pour un gouvernement d’union
Peu avant l’annonce de Herzog, Netanyahu a appelé à un gouvernement d’union nationale dans une vidéo. Il a présenté les partis à majorité arabe comme des soutiens du terrorisme. Il les avait déjà accusés, sans preuve, d’avoir volé les élections.
אחדות לאומית 🇮🇱 pic.twitter.com/YuTxqwAdCZ
— Benjamin Netanyahu - בנימין נתניהו (@netanyahu) November 7, 2026
En réponse, Yashar a demandé aux élus du Likoud de rompre avec leurs alliés les plus radicaux. Le parti d’Eisenkot entend réserver la coalition aux formations et aux députés qui adhèrent à ses principes.
Sur X, Eisenkot a plaidé pour un gouvernement d’urgence nationale après l’annonce présidentielle. Il a promis de tout faire pour mener à bien la mission que lui confie Herzog. Les négociations s’ouvrent après trois ans de guerre à Gaza et sur d’autres fronts.
זו העת להקמת ממשלת חירום לאומית.
— Gadi Eisenkot - גדי איזנקוט (@gadi_eisenkot) November 7, 2026
אעשה הכל כדי שנהיה ראויים 🇮🇱 pic.twitter.com/18Q3eIE6g0