Pendant quelques jours, l’Iran a semblé vaciller. Les images qui ont filtré du pays donnaient à voir des foules immenses, des morgues saturées, des tirs résonnant dans les rues de Téhéran et de grandes villes de province. À l’étranger, certains ont cru reconnaître les signes d’un basculement historique, allant jusqu’à évoquer une chute imminente du régime islamique et une fuite possible du guide suprême, Ali Khamenei. Mais quelques jours plus tard, le tableau est radicalement différent.
Aujourd’hui, à Téhéran et ailleurs en Iran, les manifestations ont reflué, la peur s’est installée et le pouvoir a repris le contrôle apparent de l’espace public, au prix d’une répression d’une violence rarement observée depuis la naissance de la République islamique. Pour l’heure, l’insurrection a été brisée. La crise, elle, demeure entière.
Une dynamique protestataire initialement puissante
Le mouvement est né d’un choc économique brutal. Fin décembre, la chute de la monnaie iranienne et une inflation galopante provoquent la fermeture de commerces à Téhéran, avant que la contestation ne se diffuse rapidement à l’ensemble du pays. Très vite, les revendications dépassent le terrain socio-économique pour viser le cœur du régime, avec des slogans explicitement hostiles au guide suprême et à la structure même de l’État.
Selon plusieurs témoignages recueillis par le Financial Times, les premiers jours sont marqués par une atmosphère étonnamment dépourvue de peur. Les universités rejoignent le mouvement, les effectifs grossissent, et les forces de sécurité adoptent, dans un premier temps, une posture relativement contenue, cherchant à canaliser la colère par des signaux d’apaisement sur le terrain économique.
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