Israël attaque le New York Times en justice après des accusations explosives
Israël contre-attaque sur le terrain judiciaire après un éditorial du New York Times accusant ses forces de violences sexuelles systématiques. Le gouvernement dénonce une accusation gravissime et annonce une riposte en justice.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Israël annonce poursuivre le New York Times après une chronique accusant ses forces de violences sexuelles généralisées. Le gouvernement dénonce des accusations infondées et critique le journal pour avoir ignoré une enquête israélienne sur les crimes du Hamas le 7 octobre 2023.
L’État hébreu a décidé de porter le fer sur le terrain judiciaire face à ce qu’il considère comme une campagne de désinformation majeure.
Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar ont officialisé leur intention de poursuivre le New York Times après la publication d’une chronique accusant des acteurs israéliens d’abus sexuels généralisés contre des détenus palestiniens.
Une accusation jugée infamante
Comme nous vous l'annoncions ce 13 mai, au cœur de la polémique, un texte sous forme d'édito signé Nicholas Kristof, qui évoque un « schéma » de violences sexuelles impliquant soldats, colons, membres du Shin Bet et personnels pénitentiaires.
Le chroniqueur s’appuie notamment sur des témoignages de détenus affirmant avoir subi des humiliations sexuelles, des agressions, voire des viols, y compris à l’aide d’objets.
Certaines affirmations vont plus loin encore, évoquant l’usage de chiens dressés pour commettre des viols. Ces allégations, déjà relayées dans certains cercles critiques d’Israël, ont été reprises par l’Euro-Mediterranean Human Rights Monitor, organisation controversée citée comme source dans la chronique.
Une riposte politique et médiatique
Face à ces accusations, Benjamin Netanyahu et Gideon Saar ont dénoncé un texte qu’ils qualifient de « mensonge odieux » et profondément déformant.
Dans un communiqué commun, les deux responsables estiment que l’article constitue l’une des attaques les plus graves publiées contre Israël dans la presse contemporaine.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a également exprimé sa colère contre le calendrier de publication choisi par le quotidien américain. Le New York Times aurait diffusé cette tribune en dépit d’informations transmises en amont concernant une enquête israélienne distincte.
Le contexte du 7 octobre
Cette enquête indépendante israélienne porte sur les exactions commises par le Hamas lors de l’attaque du 7 octobre 2023. Elle conclut à un recours systématique aux violences sexuelles lors de cette offensive, point que les autorités israéliennes jugent essentiel pour comprendre la dynamique actuelle du conflit.
Le ministère affirme avoir informé le New York Times de ces conclusions plusieurs mois avant la publication de la chronique de Kristof. Il reproche au journal de ne pas avoir pris en compte ces éléments dans son traitement éditorial.
Une bataille d’image
Au-delà du contentieux judiciaire annoncé, l’affaire met en évidence une confrontation plus large sur le terrain de l’opinion internationale. Les accusations de violences sexuelles constituent un enjeu particulièrement sensible, tant sur le plan moral que politique.
En engageant des poursuites, Israël entend défendre sa crédibilité et contester frontalement des accusations qu’il juge infondées. Le New York Times, de son côté, se retrouve au cœur d’une controverse majeure sur la fiabilité de ses sources et le traitement d’un sujet explosif.
Following the publication by Nicholas Kristof in The New York Times of one of the most hideous and distorted lies ever published against the State of Israel in the modern press, which also received the backing of the newspaper, Prime Minister Benjamin Netanyahu and Foreign…
— Israel Foreign Ministry (@IsraelMFA) May 14, 2026