Trump-Xi : accord surprise sur l’Iran, Xi promet de ne pas armer Téhéran
Lors de leur sommet à Pékin, Donald Trump et Xi Jinping ont affiché une convergence inattendue sur la guerre en Iran. Le président américain a déclaré à plusieurs reprises que les deux leaders partageaient « des sentiments très similaires » et que Xi lui avait fait une promesse claire : la Chine ne fournira pas d’armes à l’Iran.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sommet Trump-Xi à Pékin : Trump affirme que Xi s’est engagé à ne pas armer l’Iran et à aider à rouvrir le détroit d’Ormuz. Une convergence rare entre les deux puissances sur la guerre en cours.
« Il a dit qu’il n’allait pas donner d’équipement militaire, c’est une grande déclaration… Il l’a dit très fermement », a insisté Trump devant la presse et dans une interview à Fox News. Il a ajouté que Pékin était prêt à aider à la réouverture du détroit d’Ormuz, voie maritime vitale bloquée par l’Iran depuis le début du conflit.
Cette déclaration s'est produite alors que des rapports d’intelligence américains évoquaient des discussions secrètes entre la Chine et l’Iran sur des livraisons d’armes via des pays tiers. Trump a donc présenté ce point comme une avancée diplomatique majeure.
Une position chinoise mesurée mais pragmatique
Xi Jinping n’a pas commenté publiquement ces engagements, mais le ministère chinois des Affaires étrangères a réitéré que le conflit « n’aurait jamais dû avoir lieu », qu’un cessez-le-feu durable était indispensable et que le détroit d’Ormuz devait être rouvert sans délai. Trump a également indiqué que la Chine continuait d’acheter du pétrole iranien sanctionné, sans que Washington s’y oppose frontalement pour l’instant.
Les deux dirigeants s’accordent au moins sur deux points essentiels : l’Iran ne doit pas se doter de l’arme nucléaire et le détroit d’Ormuz doit redevenir une voie navigable libre.
Un sommet placé sous le signe de l’égalité
Au-delà de l’Iran, le sommet a surtout permis à Xi Jinping de projeter une relation sino-américaine sur un pied d’égalité. Le dirigeant chinois a multiplié les gestes symboliques (banquet d’État fastueux, visite dans les jardins impériaux du Zhongnanhai, échange de graines de roses) et a évoqué le « piège de Thucydide, tout en appelant à une nouvelle relation bilatérale constructive ».
Trump a repris l’idée d’un « G-2 » (les deux grandes puissances) et s’est montré très élogieux envers Xi, le qualifiant de « warm, very smart et de great leader ». Il a aussi annoncé des avancées commerciales : achat par la Chine de 200 Boeing, contrats agricoles importants et discussions futures sur l’intelligence artificielle.
Taïwan est cependant resté un point de forte tension. Xi a clairement averti Trump que toute mauvaise gestion de ce dossier pourrait mener à des « conflits », tandis que Washington a réaffirmé que sa politique n’avait pas changé.
Un accord tactique avant tout
Pour l’heure, aucun accord contraignant n’a été rendu public sur l’Iran. Les analystes soulignent que Pékin cherche avant tout à protéger ses intérêts économiques (sécurité de ses approvisionnements énergétiques) et à éviter une escalade qui nuirait à sa croissance. Trump, quant à lui, a cherché à transformer ce sommet en succès diplomatique personnel.
En somme, si le sommet Trump-Xi n’a pas produit de percée spectaculaire, il révèle une convergence tactique et pragmatique sur l’Iran : ni les États-Unis ni la Chine ne souhaitent voir Téhéran nucléaire ni le détroit d’Ormuz durablement fermé. Une base étroite qui pourrait faciliter une sortie de crise dans les prochaines semaines.