Jacqueline Galant "scandalisée" par les ingérences de Trump: "Il faut sauver l'honneur du foot"
Interpellée au Parlement de la FWB, la ministre des Sports Jacqueline Galant s'est dite « scandalisée » par la perméabilité de la FIFA aux pressions de Donald Trump. Elle annonce un soutien total à l'URBSFA et portera le dossier au niveau européen.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Scandale FIFA — Galant dénonce l'ingérence « totalement assumée » de Trump après l'annulation du carton rouge de Balogun
- Soutien juridique — La ministre confirme son appui total aux démarches de l'URBSFA contre la FIFA
- Action européenne — Le dossier sera porté à l'ordre du jour de la prochaine réunion des ministres européens du Sport
La ministre des Sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles a vivement réagi ce mercredi en séance plénière aux interférences du président américain dans les décisions de la FIFA lors du Mondial 2026.
Interpellée par les députés Laurent Devin (PS) et Chris Massaki Mbaki (MR), la ministre Jacqueline Galant n'a pas mâché ses mots : « Comme des millions de passionnés, comme des millions de Belges et même à travers le monde, tout le monde a été très choqué par la décision de la FIFA et par l'ingérence politique totalement assumée. C'est cette dernière qui est encore le plus dramatique dans cette histoire. J'ai été scandalisée que la FIFA soit aussi perméable à ces ingérences. »
« Une boîte de Pandore »
Le député socialiste Laurent Devin a planté le décor avec une ironie mordante, imaginant un dialogue « surréaliste » entre Trump et Infantino : « Allô Gianni, c'est Donald. J'ai devant moi un rapport sur les petits Belges là. Ils ne se résignent jamais. » Avant d'ajouter, plus grave : « Nous avons eu une impression de dégoût et de sidération. »
Pour le député PS, l'enjeu dépasse largement le cadre sportif : « L'éthique ne peut pas être marchandée. Le règlement doit être respecté. Ce qui est vrai dans le domaine du football l'est aussi dans cette enceinte démocratique. » Il a révélé que cette question lui avait été « inspirée par M. Witsel, qui m'a écrit en pleine nuit », soulignant l'émotion des joueurs eux-mêmes face à cette situation.
Chris Massaki Mbaki, député MR, a quant à lui tenu à rappeler le contexte positif — « les Diables rouges sont en quart de finale » — tout en condamnant fermement l'intervention présidentielle : « Un choix malheureux qui pose des difficultés au niveau de l'éthique sportive et des valeurs que le sport promeut : le respect, le fair-play et l'intégrité. » Et de marteler : « Le Président des États-Unis, Donald Trump, n'a pas sa place dans les décisions de la FIFA. »
Soutien total à l'URBSFA
Face à ces interpellations, Jacqueline Galant a annoncé plusieurs mesures concrètes. « Cette situation relève avant tout de la responsabilité de la FIFA. Elle doit donner rapidement des réponses claires sur son fonctionnement, ses règles internes et leur respect », a-t-elle déclaré. La ministre a également confirmé son « total soutien à l'URBSFA pour toutes ses démarches juridiques, actuelles et futures. L'affaire ne sera pas laissée comme cela. »
Sur le plan européen, la ministre a indiqué que son cabinet serait représenté lors de la prochaine réunion des ministres européens du Sport et demanderait « un point à l'ordre du jour en ce qui concerne la bonne gouvernance dans les différentes fédérations sportives ».
« Sauver l'honneur du football »
Sans vouloir « donner le fond de sa pensée sur cette problématique », Jacqueline Galant a lancé un appel solennel : « J'en appelle à la responsabilité de la FIFA, qu'elle puisse à nouveau se regarder dans la glace et surtout, de manière générale, sauver l'honneur du football. J'espère vraiment que la FIFA va sauver son intégrité. Tout n'est pas perdu, mais il y a urgence à ce qu'il y ait une belle remise en question. »
L'affaire a déjà fait des émules : la France a déposé plainte concernant un carton jaune infligé à Michael Olise, et l'Égypte conteste également des décisions arbitrales. « M. Trump et la FIFA ont ouvert une boîte de Pandore », a résumé Laurent Devin. « C'est à nous de la prendre en main pour la fermer », a conclu Chris Massaki Mbaki.
En attendant le quart de finale de vendredi, la ministre a choisi de terminer sur une note d'optimisme : « Je vous invite à continuer comme des millions de Belges à soutenir les Diables rouges. Je suis sûre que, tous ensemble, nous allons gagner. »