Javier Milei sur LCI : Immigration, réglementation, wokisme, démographie « L’Europe est en train de couler » selon le président argentin
Milei a donné à LCI un entretien juste avant sa visite à Paris. Pour le Président argentin, "l'Europe est en train de couler au niveau économique, démographique. Il dénonce notamment le wokisme ou la politique migratoire européenne.
Publié par J.PE
Javier Milei ne donne pas facilement d’entretien à la presse et encore moins à la presse européenne. Le Président argentin s’était confié longuement il y a un an au média 21News. Il s’est confié hier à LCI à la veille d’un voyage en France annoncé du 30 septembre au 2 octobre prochain. Depuis Buenos Aires, le président argentin a livré une critique particulièrement sévère de l’Europe, dénonçant sa réglementation, son modèle social, sa politique migratoire et ce qu’il appelle le « wokisme ».
Depuis le palais présidentiel de Buenos Aires, Milei a estimé que le Vieux Continent faisait face à des difficultés à la fois économiques, politiques et démographiques. Sa formule a immédiatement retenu l’attention : « L’Europe est en train de couler. »
« Trop de réglementation » et un État-providence jugé « pervers »
Pour Javier Milei, le problème européen serait notamment économique. Le président argentin dénonce une accumulation de normes et de réglementations qui, selon lui, freinerait la croissance.
« Avant le PIB des USA et de l’Europe était un peu près les mêmes, aujourd’hui les Etats-Unis sont loin devant. En Europe, il y a trop de réglementation, une sur-réglementation », a-t-il déclaré sur LCI, avant de s’en prendre au modèle de protection sociale européen, qu’il qualifie d’« État-providence vraiment pervers ».
Une critique cohérente avec la politique menée depuis son arrivée au pouvoir en Argentine en décembre 2023 : réduction des dépenses publiques, dérégulation et volonté de réduire fortement la taille de l'État.
Milei affirme notamment avoir divisé par deux le nombre de ministères argentins depuis son arrivée au pouvoir. Le président argentin est particulièrement des chiffres économiques depuis le début de son mandat.
Il voit une « augmentation de 18% du PIB, on a quadruplé la croissance, nous avons sorti 14 millions personnes de la pauvreté ». Interrogé sur le fait des réformes qu’il ferait en France il déclare : « ne pas oser donner des conseils car je connais pas les contraintes auxquelles les autres sont soumis ». Pour Milei, avant son mandat l’Argentine était presque dans l’état de Cuba ou du Venezuela avec 300% d’inflation. L’inflation selon Milei est passé selon lui à 30%.
Immigration : Milei évoque un « problème terrible »
Le président argentin a également placé la question migratoire au cœur de son diagnostic sur l'Europe.
Selon lui, le continent ne serait pas seulement confronté à un problème économique, mais également à « un problème terrible avec l’immigration ». Il évoque notamment des conséquences démographiques qu’il juge préoccupantes.
Ces propos s'inscrivent dans une vision plus large défendue depuis plusieurs années par Milei, qui considère que les politiques publiques européennes et leur modèle social doivent être profondément réformés. Il se déclare très optimisme sur l’avenir de l’Argentine « car nous avons pas les problèmes migratoires européens ».
« Le wokisme a commis un véritable désastre en Europe »
Autre cible privilégiée du président argentin : le « wokisme ».
« Le wokisme a commis un véritable désastre en Europe », a-t-il affirmé sur LCI. Pour Milei, les politiques qu’il associe au courant progressiste participeraient au déclin du continent.
Le président argentin estime également que l’Europe serait devenue une zone ayant « stagné » et incapable, selon lui, de retrouver une dynamique de croissance.
Dans son analyse, deux dirigeants européens auraient néanmoins compris la situation : Giorgia Meloni en Italie et Viktor Orbán en Hongrie qui a perdu les dernières élections dans son pays, auxquels Milei attribue une prise de conscience particulière face à ce qu’il considère comme les difficultés du modèle européen.
Bruxelles, symbole de « la décadence » selon Milei
Javier Milei est allé encore plus loin lorsqu’il a évoqué Bruxelles.
Interrogé sur l'Europe, le président argentin a estimé que Rome serait la véritable capitale européenne, et non Bruxelles. Il a associé la capitale belge à ce qu'il décrit comme « la décadence », au « wokisme », à l'État-providence et au socialisme. Pour Milei, le monde est divisé en trois blocs « Russie, Chine et Etats-Unis. « L’Europe constitue une grande inconnue, on ne sait pas ce qu’elle deviendra face aux problèmes politiques, économiques et démographiques qu’elle traverse », a-t-il souligné. À cet égard, il a estimé que « la capitale de l’Europe n’est pas Bruxelles » mais Rome, « par l’histoire ». La capitale de la Belgique, où siègent les principales institutions européennes, « incarne la décadence de l’Europe, la vision du « wokisme », la vision de l’État-providence, la lente marche vers le socialisme. C’est une mort pleine de souffrance, lente et sans courage », a-t-il martelé.
Milei a toutefois pris soin de distinguer ses critiques de l'Europe de ses relations avec la France. Il a assuré que l'Argentine entretenait « d'excellentes relations d'amitié » avec la France et a également évoqué une « excellente relation » avec Emmanuel Macron.
Milei rappelle son soutien à l’Ukraine
Pour lui, il faut soutenir le président Zelensky car « La Russie organise des campagnes de désinformation partout dans le monde contre les régimes libéraux, notamment aussi en Amérique du Sud et que la Russie est l’allié de l’Iran, du Vénézuela et qu’il faut vérifier leurs liens avec le Brésil ». Il déclare également que « les russes sont actifs contre lui car il soutient l’Ukraine. Ils sont actifs partout ou les idées de la liberté progresse ».
Une interview à quelques jours de sa venue en France
Cette sortie intervient dans un contexte diplomatique particulier. Javier Milei est attendu en France du 30 septembre au 2 octobre, d'après la presse argentine. Son passage sur LCI intervient donc à quelques jours de cette visite annoncée.