« Je refuse le jeu des condamnations » : Elsa Marcel assume son refus de dénoncer les casseurs
Alors que les violences du 17 octobre ont laissé derrière elles des commerces pillés et des vitrines brisées, Elsa Marcel refuse de condamner les débordements. La militante d'extrême gauche préfère mettre en cause Emmanuel Macron et le Rassemblement national, allant jusqu'à placer le mot « casseurs » entre guillemets.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Elsa Marcel refuse de condamner les pillages du 17 octobre, met « casseurs » entre guillemets et accuse Macron et le RN d'instrumentaliser les violences.
Les vitrines ont été brisées, les magasins pillés, mais Elsa Marcel ne veut pas entrer dans le « jeu des condamnations ». Au lendemain des manifestations du 17 octobre, la militante et avocate a publié sur X plusieurs messages dans lesquels elle défend la mobilisation, dénonce la répression policière et s'en prend aux responsables politiques qui condamnent les violences.
Sa position est explicite : « Je refuse de rentrer dans le jeu des condamnations qui vise à diviser la mobilisation et à justifier la répression. » Une déclaration qui intervient alors que les scènes de pillage et de saccage ont marqué plusieurs villes françaises.
Méfiez vous du @RNational_off qui veut vous faire croire que ce serait pire de voler des rouges à lèvre que de piller 4,3 millions d'euros d'argent public...
— Elsa Marcel (@Elsa_Marcel) October 18, 2026
Je refuse de rentrer dans le jeu des condamnations qui vise à diviser la mobilisation et à justifier la répression. Hier,… pic.twitter.com/Cy7oDJ02xo
« Envoyez la facture à Macron »
Dans une autre publication, Elsa Marcel reconnaît elle-même les destructions, mais en attribue la responsabilité politique au chef de l'État. « Oui, il y a des vitrines brisées, mais ceux qui s'en indignent devraient envoyer la facture à Macron : c'est sa politique qui a nourri cette colère. »
La militante estime que les violences doivent être replacées dans le contexte d'une colère sociale accumulée au cours des dix dernières années. Elle accuse le gouvernement et les médias de chercher à discréditer la mobilisation en opposant les « bons manifestants » aux « mauvais casseurs ».
Le #17octobre incarne dix ans de colère accumulée contre le macronisme. Le gouvernement et les médias criminalisent la mobilisation en opposant les « bons manifestants » aux « mauvais casseurs » pour ne pas parler des racines d'une colère qui touche très largement.
— Elsa Marcel (@Elsa_Marcel) October 18, 2026
Hier, j’ai… pic.twitter.com/T1lfFeAPEd
Ce raisonnement soulève une question : reconnaître les causes politiques d'une colère implique-t-il de renoncer à condamner les actes commis en son nom ?
Elsa Marcel ne va pas jusqu'à appeler explicitement à la destruction de commerces. Mais elle revendique son refus de condamner ces actes et présente leur dénonciation comme une manœuvre destinée à affaiblir le mouvement.
Les « casseurs », entre guillemets, le RN en accusation
Autre particularité de ses publications : le Rassemblement national y occupe une place centrale. « Cette rhétorique des “casseurs” profite au RN », affirme-t-elle, accusant le parti de Jordan Bardella d'être hostile aux mobilisations sociales.
Les guillemets employés autour du mot « casseurs » sont révélateurs de la distance qu'elle entend prendre avec cette qualification. Il ne s'agit pas nécessairement de nier les destructions, qu'elle reconnaît par ailleurs, mais de contester la distinction politique établie entre les manifestants pacifiques et ceux qui commettent des dégradations.
Pour étayer son propos, Elsa Marcel établit également un parallèle avec les affaires judiciaires du Rassemblement national. « Méfiez-vous du RN qui veut vous faire croire que ce serait pire de voler des rouges à lèvres que de piller 4,3 millions d'euros d'argent public », écrit-elle.
Une comparaison pour le moins incongrue, qui n’a manifestement aucun rapport avec les pillages du 17 octobre. On peut se demander ce que viennent faire ici les affaires judiciaires du Rassemblement national et en quoi les fautes reprochées à un parti politique rendraient-elles moins condamnables les vols et les saccages commis dans les commerces ?
Plutôt que de répondre sur le fond, Elsa Marcel déplace le débat vers un adversaire politique, comme si dénoncer des détournements de fonds publics et condamner des pillages relevait d’un choix exclusif. Un détour qui ne répond en rien à la question initiale : pourquoi refuser de condamner des actes de délinquance au seul motif qu’ils ont été commis en marge d’une mobilisation sociale ?
Au fil de ses publications, une position se dessine : les destructions sont reconnues, mais leur condamnation est présentée comme un instrument de division ; la responsabilité est renvoyée au pouvoir ; et ceux qui dénoncent les pillages deviennent eux-mêmes les principaux accusés.
Il y a une question à laquelle ces publications ne répondent pas : pourquoi la défense d'une mobilisation sociale devrait-elle interdire de condamner ceux qui profitent de celle-ci pour voler ou détruire ?