Peine de mort : l’opinion des Occidentaux qui défie pourtant un consensus politique
Près d’un étudiant britannique sur deux se dit favorable au rétablissement de la peine de mort. Un chiffre qui relance une question que beaucoup considéraient comme définitivement tranchée dans les démocraties occidentales.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le soutien à la peine de mort progresse dans plusieurs pays occidentaux. Une tendance qui relance un débat que beaucoup considéraient comme définitivement clos.
Pendant longtemps, la trajectoire semblait écrite d’avance. Dans le monde occidental, la peine de mort appartenait au passé. Son abolition apparaissait comme l’une de ces conquêtes morales irréversibles que les démocraties occidentales ne remettraient jamais en question. En France, le combat de Robert Badinter avait fini par acquérir une dimension presque fondatrice. Au Royaume-Uni comme dans une grande partie de l’Europe, la peine capitale semblait avoir quitté non seulement les codes pénaux, mais aussi le champ des débats légitimes.
Pourtant, les chiffres racontent une histoire plus complexe. Selon une enquête réalisée auprès de 1.018 étudiants britanniques âgés de 18 à 21 ans, publiée par le Higher Education Policy Institute et relayée par le Times, 47 % d’entre eux se déclarent favorables au rétablissement de la peine de mort pour les crimes les plus graves. Ils ne sont que 46 % à s’y opposer.
Le résultat est saisissant. Non seulement il contredit l’image d’une jeunesse uniformément progressiste sur les questions de société, mais il rapproche les étudiants britanniques de l’ensemble de la population, dont environ la moitié se déclare également favorable à la peine capitale.
Une question que l’on croyait réglée
Le plus frappant n’est pas tant l’existence de ce soutien que sa persistance. Depuis plusieurs décennies, la peine de mort semblait suivre le destin de nombreuses pratiques abandonnées par les démocraties libérales : une fois supprimée, elle ne pouvait plus revenir.
En France, l’abolition de 1981 avait pourtant été adoptée contre une opinion publique majoritairement favorable à son maintien. Selon les chiffres, plus de 60 % des Français soutenaient encore la peine capitale au début des années 1980.
Durant les années 1990 et 2000, le rapport de force s’inverse progressivement. L’opposition à la peine de mort devient majoritaire. Beaucoup y voient alors la preuve que le débat est définitivement clos.
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