La princesse Élisabeth déjà prête à devenir reine ? Les Belges répondent...
Malgré une année en retrait, la princesse héritière obtient la meilleure cote de popularité de la famille royale. Près d'un Belge sur deux souhaite la voir monter sur le trône d'ici cinq ans.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Élisabeth en tête. Avec 7,3/10, la princesse héritière est la personnalité royale la plus populaire.
- Une reine attendue. Près d'un Belge sur deux souhaite la voir monter sur le trône d'ici 2030.
- La monarchie reste soutenue. Deux tiers des Belges préfèrent la monarchie à une république.
Elle n'a présidé aucune mission commerciale, n'a pris la parole dans aucun symposium, n'a assisté à aucune réunion ministérielle. En dehors de son diplôme décroché à Harvard, la princesse Élisabeth s'est faite discrète ces douze derniers mois. Et pourtant : les Belges estiment qu'elle est (presque) prête à régner.
C'est le constat qui ressort du Grote Peiling - Koningshuis, l'enquête annuelle réalisée par HLN, VTM Nieuws et RTL à la veille de la Fête nationale. La princesse héritière y décroche un score de 7,3 sur 10 — devant sa mère, la reine Mathilde (7,1), et son père, le roi Philippe (6,9).
La force de l'absence
Comment expliquer une telle popularité alors qu'Élisabeth est à peine visible ? Selon Wim Dehandschutter, spécialiste de la royauté chez HLN, c'est précisément cette rareté qui joue en sa faveur. « Parce qu'elle est si peu présente, chacune de ses apparitions brille davantage », analyse-t-il. Moins d'expositions, c'est aussi moins d'occasions de commettre des erreurs ou de se retrouver au cœur de scandales.
Les Belges jugent donc moins ses réalisations que son potentiel. Elle est perçue comme naturelle — plus que son père — et profondément humaine. « On voit déjà quelle reine elle promet de devenir : intelligente, consciencieuse et accessible », résume Dehandschutter.
Un CV qui inspire confiance
Sa crédibilité repose d'abord sur son parcours académique : un bachelor en histoire et politique à Oxford, puis un master en politiques publiques à Harvard — deux des universités les plus prestigieuses au monde —, le tout complété par une formation militaire. « Cela dégage de l'ambition et du sérieux », note l'expert.
Cette année, les rares engagements d'Élisabeth ont aussi marqué les esprits : elle a accompagné le roi Philippe lors d'audiences avec Ursula von der Leyen et Mark Rutte, et a participé pour la première fois à une visite d'État — celle du couple impérial japonais. Une introduction symbolique à son futur rôle.
Près d'un Belge sur deux veut la voir reine d'ici 2030
Selon le sondage, 48 % des Belges espèrent qu'Élisabeth accède au trône dans les cinq prochaines années — soit aux alentours de 2030, année du bicentenaire de la Belgique.
Une perspective sans doute trop romantique, tempère Dehandschutter. Le roi Philippe, 66 ans, est en bonne santé et semble enfin pleinement épanoui dans sa fonction. Il voudra laisser à sa fille le temps de s'installer : mener des missions commerciales, développer son propre agenda royal… et trouver un partenaire. « L'avenir appartient à Élisabeth, mais c'est elle — et surtout Philippe — qui décideront du tempo. »
Philippe en progression, Laurent en chute libre
Le roi Philippe poursuit sa montée en puissance. Son score passe de 5,9 en 2023 à 6,9 cette année. Près de 68 % des Belges estiment qu'il a évolué positivement dans sa fonction. On salue notamment sa capacité à prendre position publiquement — sur Gaza, sur la surpopulation carcérale — là où il se montrait autrefois plus prudent.
Autre bonne nouvelle pour le palais : deux tiers des Belges préfèrent la monarchie à une république. Bémol toutefois : un Belge sur deux juge la monarchie trop coûteuse — un chiffre en hausse. Pour rappel, l'institution revient à quelque 44 millions d'euros par an.
À l'inverse, le prince Laurent (62 ans) poursuit sa descente. Malgré la reconnaissance publique de son fils Clément — un geste jugé plus digne que le déni prolongé du roi Albert envers Delphine —, 40 % des Belges déclarent avoir peu confiance en lui. Sa popularité atteint un plancher historique.
Élisabeth est évidemment présente aux premières loges lors de ce 21 juillet, aux côtés de la famille royale. Une occasion supplémentaire, pour celle qui a confié ressentir « un peu plus de pression », de confirmer les attentes d'un pays qui semble déjà prêt à l'appeler « Majesté »