La RTBF veut son « Quotidien » : le service public importera-t-il aussi la ligne éditoriale de Yann Barthès ?
La RTBF veut son « Quotidien ». Mais derrière la recette à succès de Yann Barthès se trouve aussi un modèle éditorial très marqué, régulièrement contesté à droite. Son importation sur un service public belge déjà accusé de pencher à gauche pourrait rapidement devenir politique.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
La RTBF prépare une émission inspirée de « Quotidien » pour octobre. Un choix qui interroge alors que le service public belge est régulièrement accusé de pencher à gauche et que le programme de Yann Barthès assume plusieurs choix éditoriaux controversés.
La RTBF aurait-elle trouvé son Yann Barthès ? Selon les informations de La Dernière Heure, le service public francophone prépare pour le mois d'octobre un nouveau grand rendez-vous directement inspiré de Quotidien, le talk-show de TMC devenu en France une référence du genre.
L'ambition est séduisante sur le papier : proposer une émission rythmée mêlant actualité, humour, reportages, culture et chroniqueurs, avec un ton plus léger que celui des traditionnels rendez-vous d'information. Mais le choix du modèle français n'est pas tout à fait anodin.
Car Quotidien n'est pas seulement une mécanique télévisuelle particulièrement efficace. L'émission de Yann Barthès entretient depuis des années un rapport singulier à la politique et assume des choix éditoriaux qui lui ont régulièrement valu d'être accusée, particulièrement à droite, de promouvoir une vision progressiste de l'actualité.
Pour la RTBF, elle-même confrontée depuis longtemps à des accusations de biais idéologique, importer la formule pourrait donc poser une question délicate : le service public belge risque-t-il d'importer avec le format de Quotidien une partie de sa culture éditoriale ?
Quotidien interdit au RN l'accès à son plateau
Le cas le plus spectaculaire concerne le Rassemblement national. En mars 2024, auditionnés par la commission d'enquête parlementaire sur les fréquences de la TNT, Yann Barthès et les responsables de Quotidien avaient publiquement assumé leur décision de ne pas inviter d'élus du RN sur le plateau.
« Oui, en effet, on ne reçoit pas d'élus RN sur le plateau de Quotidien », avait reconnu le journaliste Julien Bellver devant les députés. Laurent Bon, coproducteur de l'émission, avait expliqué qu'il s'agissait d'une décision « collective » de la société de production Bangumi. L'équipe faisait valoir les relations conflictuelles entretenues avec le parti et les difficultés rencontrées par ses journalistes pour accéder à certaines manifestations du RN.
Un choix légal : les responsables de l'émission avaient souligné devant les parlementaires que les règles françaises de pluralisme et de temps de parole étaient respectées, les représentants du RN restant abondamment traités dans les reportages et chroniques de l'émission. Mais le choix est éditorialement remarquable : le premier parti politique français pouvait être commenté quotidiennement sans que ses élus soient invités à venir défendre directement leurs positions sur le plateau.
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