Jusqu'à 90 % d'impôt : Thomas Piketty veut réinventer l'économie au nom du climat
La semaine dernière sur la Première, Thomas Piketty a proposé un modèle contre le réchauffement climatique par l'effacement des inégalités. Son approche repose sur une restructuration dirigiste de l’économie, une « sobriété ciblée » et une taxation très élevée des plus riches.
Publié par Harrison du Bus
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Sur la RTBF, Thomas Piketty défend une profonde transformation de l'économie mondiale : sobriété, limitation de la croissance, taxation des grandes fortunes et planification de l'investissement.
Thomas Piketty propose un modèle qui combinerait limitation du réchauffement climatique sous les 2 degrés et forte réduction des inégalités d’ici 2100. Son approche repose sur trois piliers : une restructuration massive de l’économie vers les secteurs « immatériels », une « sobriété ciblée » et une taxation très élevée des plus riches.
Selon lui, décarboner l’énergie ne suffira pas. Il faut « recomposer la structure même de l’économie » en orientant le temps de travail vers l’éducation, la santé et les services, qui représenteraient jusqu’à 45 % de l’activité totale à la fin du siècle. Il défend également une « sobriété ciblée » : certains secteurs et certains pays devraient limiter leur croissance. « On n’a pas forcément besoin de dix iPhones par personne », estime-t-il, ajoutant que l’accumulation de biens matériels ne constitue plus une source suffisante de bien-être.
Une forme de planification économique
Cette vision implique une réorientation volontaire de l’activité économique vers des secteurs jugés moins intensifs en carbone. L’idée que des instances publiques ou internationales pourraient efficacement décider quels secteurs doivent croître et lesquels doivent décroître repose sur une confiance importante dans la capacité de planification centralisée.
Cette approche suppose que les pouvoirs publics soient capables d'identifier durablement les secteurs d'avenir et d'orienter efficacement les investissements. Une hypothèse contestée par de nombreux économistes, qui soulignent les difficultés de la planification à anticiper les préférences des consommateurs, l'innovation et les évolutions technologiques.
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