La Russie et l’Iran recrutent des adolescents pour leur guerre secrète en Europe
Selon une enquête du Financial Times, Moscou et Téhéran utilisent de plus en plus les réseaux sociaux, Telegram et même les jeux vidéo pour recruter des mineurs chargés d'espionnage, de sabotage ou d'attaques ciblées. Une menace qui inquiète désormais les services de renseignement européens.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Selon une enquête du Financial Times, la Russie et l’Iran recrutent des adolescents via Telegram, TikTok et les jeux vidéo pour mener des opérations d’espionnage et de sabotage en Europe.
Lorsqu'une équipe de huit policiers cagoulés a fait irruption dans une maison de Rotterdam en septembre dernier pour arrêter un adolescent de 17 ans, son père pensait d'abord à une erreur.
Son fils, passionné d'informatique et de jeux vidéo, était accusé d'avoir travaillé pour une puissance étrangère. Selon les enquêteurs néerlandais, le jeune homme aurait été recruté par des agents russes via Telegram afin d'espionner des institutions gouvernementales à La Haye à l'aide d'un dispositif capable d'intercepter des réseaux Wi-Fi.
Cette affaire, qui aurait semblé invraisemblable il y a quelques années, est aujourd'hui loin d'être isolée. Dans une vaste enquête menée à travers l'Europe et le Moyen-Orient, le Financial Times révèle que la Russie et l'Iran recrutent de plus en plus de mineurs pour mener des opérations d'espionnage, de sabotage et de déstabilisation dans le cadre de ce que les spécialistes appellent la guerre hybride.
Des adolescents devenus des agents jetables
Longtemps, les services russes et iraniens ont privilégié des réseaux criminels ou des agents adultes pour mener leurs opérations clandestines.
Désormais, les adolescents constituent une cible de choix. La logique est simple. Ils sont nombreux sur les réseaux sociaux, souvent plus vulnérables psychologiquement, attirés par l'argent facile et généralement moins conscients des conséquences juridiques de leurs actes.
« Les États hostiles essaient absolument de cibler les adolescents », explique Dominic Murphy, ancien chef de la lutte antiterroriste de la police londonienne.
Les services de sécurité européens constatent une explosion du phénomène depuis environ dix-huit mois. Pour les commanditaires, le calcul est cynique : si l'opération échoue, le lien avec l'État commanditaire reste difficile à établir. Si le jeune est arrêté, il est facilement remplaçable.
L'ancienne directrice d'Europol, Catherine De Bolle, résume brutalement cette logique : les adolescents sont devenus des « armes jetables ».
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