L’Ukraine ouvre un front diplomatique dans sa longue marche vers l’Union européenne
En ouvrant un deuxième ensemble de négociations consacré aux relations extérieures, à la sécurité et à la défense, Kiev gagne un signal politique majeur. Mais le rythme réel de son adhésion restera suspendu aux réformes de l’État de droit et à l’unanimité des Vingt-Sept.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Kiev ouvre avec l'UE un deuxième ensemble de négociations consacré aux relations extérieures, à la sécurité et à la défense.
À Bruxelles, l’ouverture d’un deuxième ensemble de négociations entre l’Union européenne et l’Ukraine ne se réduit pas à une étape administrative. Le champ concerné, celui des relations extérieures, de la sécurité, de la défense, du commerce extérieur, de l’aide au développement et de l’action humanitaire, touche au cœur même de la place que Kiev ambitionne d’occuper sur le continent. Dans les faits, l’Union reconnaît que la trajectoire ukrainienne ne peut plus être pensée seulement comme un dossier d’élargissement parmi d’autres.
Cette avancée intervient un mois après l’ouverture du premier ensemble, consacré aux fondements institutionnels de l’adhésion. Le calendrier demeure donc rapide au regard de l’histoire récente de l’élargissement, mais il ne change pas la nature du parcours : l’Ukraine doit encore démontrer, dans la durée, sa capacité à aligner ses institutions, ses règles économiques et son administration sur le droit européen. L’enjeu n’est pas de franchir une porte, mais de prouver que les mécanismes installés résisteront à la guerre, aux pressions politiques et à la reconstruction.
Une intégration sécuritaire avant l’adhésion formelle
Le deuxième ensemble de négociations est politiquement singulier. Il porte sur des domaines dans lesquels l’Ukraine agit déjà de facto comme un partenaire stratégique de l’Union. Depuis l’invasion russe à grande échelle du 24 février 2022, Kiev s’est alignée sur une part substantielle de la politique européenne de sanctions, a renforcé sa coopération diplomatique avec les États membres et s’est imposée comme un acteur central de la sécurité continentale.
Pour l’Ukraine, l’adhésion à l’Union européenne constitue aussi un élément de stabilité institutionnelle. Elle ne relève pas de la défense collective au sens où l’entend l’Otan, mais elle fixe un horizon juridique, économique et politique auquel la Russie ne peut opposer qu’une logique de déstabilisation. C’est précisément la raison pour laquelle ce volet sur les relations extérieures dépasse sa portée technique : il établit que l’Europe ne traite plus Kiev comme un voisin sous assistance, mais comme un État appelé à participer à ses choix stratégiques.
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