« La vente était artisanale » : Jean Spinette accusé d’indulgence envers les dealers
Jean Spinette se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique. Après sa séquence controversée face à des dealers, le bourgmestre PS de Saint-Gilles évoque désormais une époque où « le quartier était plus calme et la vente était artisanale », par opposition au « capitalisme de la drogue » actuel. Une formule qui nourrit les accusations de laxisme.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- Jean Spinette affirme qu’autrefois, à Saint-Gilles, « le quartier était plus calme et la vente était artisanale ».
- Cette comparaison avec l’actuel « capitalisme de la drogue » est interprétée par ses détracteurs comme une forme d’indulgence envers le petit deal d’autrefois.
Jean Spinette au coeur d’une nouvelle polémique sur le trafic de drogue a Bruxelles. Le bourgmestre PS de Saint-Gilles est vivement critiqué apres une réaction publiée dans les commentaires d’un post sur les réseaux sociaux où il évoquait l’évolution du deal dans certains quartiers de sa commune en ces termes : « le quartier était plus calme et la vente était artisanale, aujourd’hui on est devant le capitalisme de la drogue », répond-il à un commentateur d'un utilisateur .
Une fois de plus, la formule passe tres mal. Car elle ne se contente pas de décrire une mutation du trafic : elle semble banaliser, voire romantiser, une forme de petite délinquance liée au commerce de stupéfiants. En opposant une vente autrefois prétendument plus « calme » et « artisanale » à un trafic désormais industrialisé, Jean Spinette donne le sentiment d’établir une distinction presque indulgente entre différents degrés d’illégalité, comme si un « petit deal de quartier » pouvait apparaitre plus acceptable qu’un trafic structuré.
La polémique prend une dimension encore plus forte lorsqu’on met cette sortie en parallèle avec la séquence récente diffusée par la RTBF. On y voit le bourgmestre de Saint-Gilles échanger directement avec des dealers, dans une scène qui a fortement choqué une partie de l’opinion publique. Face caméra, Jean Spinette leur lance : « C’est pas possible les gars, il y a la police partout, commencez pas quoi. » Une phrase prononcée sur un ton que beaucoup ont jugé trop familier, voire quasi amical, dans un contexte pourtant marqué par l’explosion des violences liées au narcotrafic et des fusillades a Bruxelles.
C'est que l’enchainement est politiquement devastateur. D’un côté, des propos qui semblent distinguer entre une drogue « artisanale » et un « capitalisme de la drogue ». De l’autre, une séquence télévisée où l’autorité communale parait davantage négocier avec les dealers que rappeler fermement l’interdit. Dans une capitale secouée depuis des mois par des règlements de comptes, des coups de feu et une dégradation visible de la sécurité dans plusieurs quartiers, cette posture alimente l’accusation de laxisme.
Georges-Louis Bouchez n’a pas manqué de s’emparer de la séquence. Sur les réseaux sociaux, le président du MR a raillé « les 24h00 magiques de Jean Spinette », accusant le bourgmestre d’avoir successivement rejeté la faute sur le fédéral, publié un « éloge du trafic de drogue artisanal », puis « joue les guetteurs et prévient les artisans de sa commune de la présence de policiers dans les parages ». Il a également élargi la charge au PS bruxellois, dénonçant ce qu’il considère comme des années de laxisme coupable dans la gestion de la sécurité a Bruxelles.