Incendie dans les Fagnes : la bourgmestre de Jalhay dégoutée de la récupération politique de « ceux qui font campagne sur des cendres encore chaudes »
Très émue devant la commission de l’Intérieur de la Chambre, la députée-bourgmestre de Jalhay Victoria Vandeberg (MR) a dénoncé jeudi la récupération politique de l’incendie des Hautes Fagnes. Elle fustige ceux qui réclament déjà des commissions et prétendent expliquer aux acteurs de terrain ce qu’il aurait fallu faire.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Très émue devant la Chambre, la bourgmestre de Jalhay Victoria Vandeberg (MR) a dénoncé la récupération politique de l’incendie des Hautes Fagnes et fustigé « ceux qui font campagne sur des cendres encore chaudes ».
« Notre Fagne, ma Fagne, se consume sous mes yeux. » La députée-bourgmestre de Jalhay, Victoria Vandeberg (MR), a livré jeudi une intervention particulièrement émue devant la commission de l’Intérieur de la Chambre, alors que l’incendie qui ravage les Hautes Fagnes depuis vendredi est désormais considéré comme contrôlé dans son ensemble.
Les larmes aux yeux, l’élue libérale a d’abord décrit le choc de voir disparaître un paysage qu’elle connaît intimement.
« Je vois une Fagne qui brûle, notre Fagne, ma Fagne. Heure après heure, c’est un paysage que nous connaissons, que nous avons parcouru et aimé, protégé, qui commence à se consumer sous nos yeux », a-t-elle déclaré.
Mais après avoir salué l’action des secours, elle a surtout laissé éclater sa colère contre ce qu’elle considère comme une récupération politique prématurée de la catastrophe.
« Il faut arrêter ce qui devient un cirque »
Victoria Vandeberg estime que certains responsables politiques se sont empressés de transformer l’incendie en procès de la gestion publique, alors que les opérations sont toujours en cours.
« Il faut arrêter ce qui devient un cirque où chacun arrive avec sa solution miracle, alors que certains ont sûrement découvert la Fagne ce week-end sur une carte ou via les réseaux sociaux », a-t-elle lancé.
Elle vise notamment les critiques affirmant que le dispositif aurait dû être différent ou plus rapide, et les demandes de commissions parlementaires formulées alors que des centaines d’hommes restent mobilisés sur le terrain.
« Il y a une forme vraiment d’indécence à réclamer, je trouve, des commissions déjà actuellement, des explications, alors que la crise est toujours en cours et que les hommes sont toujours sur le terrain », a-t-elle poursuivi.
Pour la bourgmestre, cette attitude revient à « confondre le contrôle démocratique avec l’exploitation politique » d’un événement qui n’est pas encore totalement terminé.
« Quelle ignominie »
L’élue MR s’est montrée particulièrement sévère à l’égard de ceux qui laissent entendre qu’une autre majorité aurait mieux géré la catastrophe.
« On entend que certains, s’ils étaient aux commandes, auraient fait les choses différemment. Mais quelle ignominie de sortir des propos pareils dans une situation d’une ampleur comme on la connaît », a-t-elle dénoncé.
Elle poursuit : « Laisser entendre qu’avec une autre couleur politique, ça se passerait différemment, que les agriculteurs seraient arrivés plus vite, que les pompiers auraient fait mieux, que la sécheresse aurait disparu. C’est insultant, en fait, pour toutes celles et ceux qui se battent sur le terrain depuis vendredi. »
Un message qui intervient alors que plusieurs formations et organisations de l’opposition ont déjà mis en cause les moyens consacrés aux services de secours, au Département de la Nature et des Forêts et, plus largement, les politiques environnementales et budgétaires régionales.
Elle défend la réponse des autorités
Victoria Vandeberg a au contraire insisté sur la rapidité de la mobilisation.
Elle affirme avoir vu « la réponse se mettre en place très rapidement », avec des renforts, une adaptation permanente du dispositif aux vents changeants et aux différents foyers, ainsi que le recours à des moyens aériens belges et étrangers lorsque les équipes terrestres ne suffisaient plus.
La Belgique a notamment activé le mécanisme européen de solidarité afin d’obtenir des appareils supplémentaires.
« Ce n’est pas un aveu de faiblesse que de le faire, a-t-elle insisté. C’est d’ailleurs tout le principe du mécanisme européen : mutualiser rapidement des moyens, des capacités face à une catastrophe de cette ampleur. »
Elle a également rappelé la présence sur place du ministre de l’Intérieur et l’implication des autorités fédérales dans la gestion de crise.
« Ceux qui font campagne sur des cendres encore chaudes »
La bourgmestre de Jalhay conclut son intervention en distinguant très clairement sa colère politique de son appréciation du travail réalisé sur le terrain.
« Ma colère aujourd’hui, elle n’est évidemment pas dirigée contre les personnes de terrain qui interviennent, mais contre tous ceux qui font campagne sur des cendres qui sont encore chaudes. »
Une formule qui résume une intervention particulièrement chargée d’émotion, au moment où l’incendie semble enfin entrer dans une phase de stabilisation.
Les autorités ont annoncé jeudi que le feu était désormais contrôlé dans son ensemble, même si certaines opérations se poursuivent encore dans la partie est du périmètre.