« Les dealers doivent être poursuivis, pas sermonnés » : David Weytsman charge Jean Spinette
David Weytsman monte au créneau après la diffusion d’images montrant Jean Spinette s’adresser à des individus présentés comme des dealers à Saint-Gilles. « Les dealers doivent être poursuivis, pas sermonnés », dénonce le président du MR Bruxelles-Périphérie.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- David Weytsman juge la réaction du bourgmestre PS beaucoup trop faible : « Les dealers doivent être poursuivis, pas sermonnés ».
- Le président du MR Bruxelles-Périphérie demande si les individus ont été identifiés, si un PV a été dressé et si le parquet a été averti.
La polémique enfle après la diffusion d’images montrant le bourgmestre de Saint-Gilles, Jean Spinette (PS), s’adressant à des dealers. On l’y entend déclarer: « C’est pas possible les gars, il y a la police partout, commencez pas quoi ».
Une séquence qui a susciteé une réaction très ferme du président du MR Bruxelles-Périphérie, David Weytsman, qui juge l’attitude du bourgmestre totalement inadaptée à la gravité de la situation.
« À Saint-Gilles, les dealers doivent être poursuivis, pas sermonnés », lance d’emblée David Weytsman, se disant « indigné par l’attitude du bourgmestre ».
Pour le président libéral, les images sont particulièrement choquantes dans un contexte où Bruxelles est confrontée depuis des années à une montée du narcotrafic. « Ces images sont sidérantes. On parle de trafic de drogue, pas de jeunes à qui l’on demande gentiment d’arrêter de jouer au ballon. La place des dealers n’est pas dans la rue, à côté d’un bourgmestre qui leur demande de ne pas commencer. Leur place est devant la justice et, lorsqu’ils sont condamnés pour des faits qui le justifient, en prison », affirme-t-il.
David Weytsman estime qu’en présence de faits potentiellement délictueux, la réaction d’une autorité publique doit être claire et immédiate: intervention des forces de l’ordre, identification des suspects, constatation des faits, rédaction d’un procès-verbal et transmission à la justice.
Le laxisme érigé en modèle depuis 20 ans
Il dénonce plus largement ce qu’il considère comme des années de faiblesse politique face aux trafics à Bruxelles. « À Bruxelles, depuis 20 ans, nous avons suffisamment payé le prix de la banalisation du trafic de drogue, des excuses et du renoncement. Le laxisme érigé en modèle comme l'ont fait les socialistes, c'est terminé. Les habitants attendent de leurs responsables politiques qu’ils protègent leurs quartiers, pas qu’ils discutent avec ceux qui les pourrissent », poursuit-il.
Le président du MR Bruxelles-Périphérie invoque également le cadre légal. Il rappelle que l’article 29 du Code d’instruction criminelle impose à toute autorité constituée qui prend connaissance, dans l’exercice de ses fonctions, d’un crime ou d’un délit, d’en informer sans délai le procureur du Roi.
Dans ce contexte, David Weytsman demande des explications précises sur les suites données à la scène filmée. « Ces individus ont-ils été identifiés ? Les faits ont-ils été constatés ? Un procès-verbal a-t-il été dressé ? Le parquet a-t-il été averti ? Ce sont les seules questions qui comptent », insiste-t-il.
Et de conclure sur une ligne de fermeté: « Avec les dealers, l’autorité ne négocie pas, ne conseille pas et ne prévient pas. Elle agit. Bruxelles a besoin de retrouver une culture de l’autorité et de la sanction. Lorsqu’on enfreint la loi, il doit y avoir une conséquence. C’est aussi simple que cela. »