« L'extrême gauche, son gagne-pain, c'est l'Arabe victime » : le coup de colère d'Amine El-Khatmi après les émeutes
Après les émeutes qui ont ravagé la France, Amine El-Khatmi a livré une charge contre une partie de la gauche qu'il accuse d'avoir enfermé les jeunes issus de l'immigration dans un discours victimaire. Fils d'immigrés marocains, il oppose à cette vision son attachement à la France et sa reconnaissance envers le pays qui a accueilli ses parents.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après les émeutes du 17 octobre, Amine El-Khatmi accuse la bourgeoisie de gauche d'avoir enfermé les jeunes issus de l'immigration dans un discours victimaire.
C'est une intervention particulièrement véhémente qu'a livrée Amine El-Khatmi sur CNews après les émeutes du 17 octobre. L'essayiste et ancien président du Printemps républicain s'en est pris à ce qu'il appelle la « bourgeoisie de gauche », qu'il accuse d'avoir nourri chez une partie de la jeunesse issue de l'immigration un fort sentiment de rejet de la France.
Sur X, il a résumé son intervention par une accusation : « J'accuse la bourgeoisie de gauche d'avoir ruiné l'avenir de millions de gamins noirs et arabes en leur expliquant que la France était raciste et islamophobe. »
J’accuse la bourgeoisie de gauche d’avoir ruiné l’avenir de millions de gamins noirs et arabes en leur expliquant que la France était raciste et islamophobe. Ce pays a fait preuve d’une générosité remarquable en accueillant nos parents. Nous lui devons respect et reconnaissance ! pic.twitter.com/Tld5R4qlkY
— Amine El-Khatmi (@Aminelkhatmi) October 20, 2026
Pour cet ancien socialiste, lui-même issu d'une famille d'immigrés marocains, le problème ne réside pas seulement dans les violences commises par les émeutiers, mais aussi dans les discours politiques qui auraient contribué à façonner leur rapport au pays.
« L'extrême gauche, son gagne-pain, c'est l'Arabe victime »
Au cœur de son intervention, Amine El-Khatmi développe une critique de la représentation des Français d'origine immigrée dans certains courants de gauche.
« L'extrême gauche, elle n'aime pas les Arabes », affirme-t-il, avant de préciser sa pensée : « L'extrême gauche, son gagne-pain, c'est l'Arabe victime, l'Arabe qui pleure, l'Arabe qui considère que ce pays est structurellement raciste, islamophobe. »
L'extrême gauche, son gagne-pain, c'est l'Arabe victime, l'Arabe qui pleure, l'Arabe qui considère que ce pays est structurellement raciste, islamophobe.
Amine El-Khatmi
À ses yeux, cette lecture enfermerait les individus dans une identité définie par la discrimination et le ressentiment, plutôt que par leur liberté de construire leur propre parcours.
L'essayiste lui oppose la figure d'un Français issu de l'immigration qui revendique son patriotisme, son émancipation et sa reconnaissance envers les institutions républicaines.
« Mais moi, j'aime ce pays. Je suis reconnaissant de ce qu'il a offert à mes parents. Je suis patriote. Je suis prêt à le défendre. Je m'y sens bien », lance-t-il, en se plaçant dans la perspective de ce citoyen.
Mais moi, j'aime ce pays. Je suis reconnaissant de ce qu'il a offert à mes parents. Je suis patriote. Je suis prêt à le défendre. Je m'y sens bien.
Amine El-Khatmi
Il poursuit en énumérant les libertés qu'il associe à la République française : la laïcité, la liberté de conscience, les droits des homosexuels et l'émancipation des femmes.
Selon lui, ce profil de citoyen attaché à la France et à ses principes universalistes contrarierait les discours politiques fondés sur une opposition permanente entre les minorités et la société française.
Des enfants protégés d'un côté, des discours victimaires de l'autre
La partie la plus accusatrice de son intervention porte sur ce qu'Amine El-Khatmi considère comme une contradiction sociale. Il reproche à certains responsables politiques de défendre publiquement une lecture radicalement pessimiste de la société française tout en préservant leurs propres enfants des difficultés rencontrées dans les quartiers populaires.
Il décrit ainsi des élus dont les familles fréquentent les établissements privés et les quartiers favorisés, tandis qu'ils expliquent aux jeunes issus de l'immigration que leurs efforts ne leur permettront jamais de réussir.
« Quel que soit l'ampleur de ton effort, quelle que soit l'étendue de ton travail, tu es condamné à l'échec parce que ce pays ne t'aime pas », résume-t-il, en reconstituant le discours qu'il leur attribue.
L'accusation est lourde : ces responsables auraient, selon lui, contribué à convaincre une partie de la jeunesse que la société française lui était irrémédiablement hostile. Amine El-Khatmi cite notamment Clémentine Autain et Danièle Obono, auxquelles il reproche d'avoir entretenu ce climat idéologique pendant des années.
« Je ne les excuse pas, je ne leur pardonne rien »
L'essayiste prend également soin de préciser qu'il ne cherche pas à déresponsabiliser les auteurs des violences. « Et ces gamins, je ne les excuse pas, je ne leur pardonne rien », insiste-t-il. Sa critique consiste plutôt à distinguer la responsabilité individuelle des émeutiers de celle, politique et morale, qu'il impute aux personnalités ayant selon lui entretenu leur ressentiment.
Il affirme ainsi en vouloir autant aux jeunes ayant participé aux dégradations qu'aux responsables politiques qu'il accuse de leur avoir inculqué une vision hostile de la France.
La formule traduit la conviction qui traverse toute son intervention : la manière dont une société parle à sa jeunesse peut contribuer à déterminer son rapport à l'effort, à l'appartenance nationale et aux institutions.
Un fils d'immigrés qui revendique sa reconnaissance envers la France
Le propos d'Amine El-Khatmi prend une dimension autobiographique. Né à Avignon dans une famille originaire du Maroc, l'essayiste a grandi dans un quartier populaire avant de s'engager en politique, d'abord au Parti socialiste, puis dans la défense de la laïcité et de l'universalisme républicain.
Cofondateur du Printemps républicain en 2016, qu'il a présidé jusqu'en 2023, il a progressivement rompu avec une partie de la gauche, notamment sur les questions d'islamisme, d'identité et de laïcité.
« Ce pays a fait preuve d'une générosité remarquable en accueillant nos parents. Nous lui devons respect et reconnaissance ! », écrit-il sur X.
À travers cette déclaration, Amine El-Khatmi défend une conception de l'intégration fondée sur la gratitude envers le pays d'accueil, l'adhésion aux principes républicains et la possibilité, pour chacun, de s'affranchir des assignations liées à ses origines.