L'IA au service du terrorisme : comment Boko Haram réduit ses effectifs grâce aux chatbots
Une étude de l'université de Cambridge affirme que Boko Haram exploite plusieurs plateformes d'intelligence artificielle pour préparer ses opérations. Les chercheurs décrivent une évolution rapide des méthodes du groupe terroriste et alertent sur les défis posés aux services de renseignement.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Une étude de Cambridge affirme que Boko Haram exploite plusieurs plateformes d'intelligence artificielle depuis 2023 pour préparer ses opérations. Les chercheurs alertent sur la diffusion de ces techniques au sein des réseaux djihadistes et sur les défis qu'elles posent aux services de renseignement.
L'intelligence artificielle s'impose désormais comme un nouvel outil dans l'arsenal de Boko Haram. C'est le constat dressé par une étude du Cambridge Programme on AI Science & Policy. Les chercheurs affirment que le groupe terroriste utilise depuis 2023 plusieurs plateformes d'IA générative afin d'améliorer la préparation de ses opérations.
L'étude repose sur 57 entretiens réalisés avec 27 anciens commandants et spécialistes de Boko Haram. Les auteurs indiquent que le groupe exploite notamment ChatGPT, Claude, Gemini, Grok, Meta AI et DeepSeek. Selon leurs conclusions, ces outils servent à préparer des attaques, analyser des scénarios tactiques et rechercher des informations techniques.
Boko Haram intègre l'IA dans sa stratégie
Les chercheurs estiment que Boko Haram a profondément modifié son fonctionnement après l'apparition des premiers modèles d'IA générative accessibles au grand public.
Selon plusieurs anciens membres interrogés, les combattants consultent régulièrement ces plateformes pour obtenir des réponses sur des questions tactiques. L'un d'eux résume cette confiance en déclarant : « Il n'y a rien pour lequel nous n'avons pas reçu de réponse. Nous croyons qu'il sait tout. »
L'étude décrit également la création d'unités spécialisées chargées de centraliser les demandes des combattants. Ces cellules disposent d'abonnements payants aux services d'IA et utilisent des ordinateurs équipés de VPN ainsi que d'outils de chiffrement.
Des effectifs réduits pour des opérations plus ciblées
Les auteurs avancent qu'avant 2023, certaines attaques mobilisaient jusqu'à 200 combattants. Désormais, Boko Haram pourrait conduire des opérations comparables avec une vingtaine d'hommes.
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