Magnette: « À Charleroi, Liège ou Namur, on voit de plus en plus de pauvreté dans la rue. Des gens n’ont plus le chômage, n’ont pas droit au CPAS »
Le patron du PS a rappelé lors de sa rentrée médiatique, les priorités de son parti en terme budgétaire. Il confirme sa volonté de taxation des plus aisés et critique aussi la politique sécuritaire de l'Arizona notamment à Anvers.
Publié par J.PE
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Les rentrées politiques se sont déroulées en force durant cette dernière semaine. Après la rentrée du PS, c’était au tour du MR de faire sa rentrée aujourd’hui au pied de la butte du lion de Waterloo.
Le Président du PS qui avait déjà fait sa rentrée politique avec ses militants a donné hier un entretien à nos collègues de Sudinfo. L’occasion pour lui de donner sa vision budgétaire et de défendre ses propositions depuis l’opposition.
Le patron des socialistes est revenu avec son idée de taxation des riches comme l’un des pistes budgétaires et déclare à ce sujet : « « On est très clair là-dessus : à partir de 5 millions d’euros de patrimoine global, et cela concerne 1 à 2 % des Belges. 98 % ne sont donc pas concernés. Ceux-là paieraient 1 %. (..) L’idéal serait évidemment de le faire à l’échelle européenne, bien sûr, mais on peut très bien avancer au niveau belge, arrêtons de faire croire qu’il y aura un exode massif de ces personnes vers l’étranger. »
Paul Magnette s’inquiète aussi de l’augmentation du nombre d’allocataires sociaux notamment aux CPAS. Le socialiste déclare à Sudinfo : « Les chiffres de retombées vers les CPAS sont plus élevés que prévu et les autres tombent simplement dans la pauvreté. Je suis très inquiet. À Charleroi, Liège ou Namur, on voit de plus en plus de pauvreté dans la rue. Des gens n’ont plus le chômage, n’ont pas droit au CPAS et n’ont donc plus rien. On est dans une spirale de dégradation de la société absolument catastrophique. Nous, on dit que quelqu’un qui est au chômage depuis un certain nombre d’années et qui, malgré tous ses efforts, n’a pas trouvé, doit se voir proposer un travail qui est dans ses cordes ».
Enfin le patron du PS revient sur le problème de la sécurité à Anvers et de l’insuffisance des contrôles au port d’Anvers. Il rappelle ceci : « À Anvers, on ne contrôle que 5 % des conteneurs. 95 % repartent sur des camions sans avoir été contrôlés. Tous les trafiquants de drogue savent que la passoire, c’est Anvers. Nous sommes d’accord pour mettre des militaires au port d’Anvers et contrôler beaucoup plus ces conteneurs. Comment voulez-vous que la police locale règle le problème si, à la source, vous avez des tonnes et des tonnes de drogue qui rentrent dans le pays ? Il faut aussi un vrai parquet national et suffisamment de magistrats. »
Enfin Paul Magnette conclut qu’il fait son travail d’opposition mais qu’il est prêt en cas d’ élection si le gouvernement n’arrive pas à se mettre d’accord sur le budget. Il rappelle à cet égard : « On est dans l’opposition et on fait notre travail de la manière la plus constructive possible. On dénonce ce qui ne va pas, mais, systématiquement, on fait une contre-proposition. Et si on doit aller aux élections, nous serons prêts et irons pour gagner. »