Mathieu Bihet annonce une baisse des coûts de l'électricité pour les entreprises et les ménages
Depuis le 1er novembre, de nouvelles mesures réduisent les coûts de l’électricité pour les entreprises et les ménages. Mathieu Bihet (MR) met en avant la compétitivité industrielle. Parallèlement, l’État belge et Engie prolongent jusqu’au 12 décembre leurs négociations sur le nucléaire.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Norme énergétique : depuis le 1er novembre, les entreprises éligibles bénéficient d'une réduction des tarifs de transport de l'électricité.
- Factures : une baisse des accises sur l'électricité concerne tous les consommateurs, ménages et entreprises.
- Nucléaire : l'État belge et Engie prolongent jusqu'au 12 décembre leurs négociations, notamment en raison de divergences sur la valorisation de l'opération.
La politique énergétique fédérale connaît deux évolutions importantes en ce début novembre. D'un côté, l'entrée en vigueur de mesures concrètes destinées à alléger la facture d'électricité des entreprises et des particuliers. De l'autre, la poursuite de négociations complexes avec Engie concernant l'avenir des activités nucléaires en Belgique.
Deux dossiers distincts, mais qui illustrent les enjeux auxquels le gouvernement fédéral est confronté : préserver la compétitivité de l'économie belge, maîtriser les coûts énergétiques et définir l'avenir de la production nucléaire.
Une norme énergétique attendue depuis quinze ans
C'est une réforme que les organisations patronales et les fédérations industrielles réclamaient depuis de nombreuses années. Depuis le 1er novembre, la norme énergétique se traduit par deux mesures visant à réduire les coûts de l'électricité.
Le ministre fédéral de l'Énergie, Mathieu Bihet (MR), présente cette entrée en vigueur comme une étape importante pour l'industrie belge, confrontée à des prix énergétiques qui pèsent sur sa capacité à rivaliser avec ses concurrents étrangers.
« Cela fait quinze ans que l’industrie réclame une norme énergétique. Sous mon impulsion, elle devient enfin réalité. Nos entreprises doivent pouvoir faire face à la concurrence internationale, investir et produire en Belgique sans être pénalisée par des coûts énergétiques trop élevés. C’est une question de compétitivité, mais aussi d’emplois et d’avenir industriel », déclare le ministre.
L'objectif affiché est de réduire une partie du handicap énergétique des entreprises belges, particulièrement dans les secteurs industriels où l'électricité représente une composante importante des coûts de production.
Cette réforme intervient alors que les entreprises doivent également investir dans l'électrification de leurs procédés industriels, un enjeu central de la transition énergétique.
Deux mesures concrètes pour les entreprises et les ménages
La norme énergétique repose sur deux dispositifs complémentaires.
Le premier concerne les tarifs de transport de l'électricité. Une réduction structurelle est désormais appliquée aux entreprises qui répondent aux critères d'éligibilité définis par la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (CREG).
Cette mesure vise principalement à alléger les coûts supportés par les entreprises concernées, en particulier celles dont les activités nécessitent une consommation importante d'électricité.
Le deuxième dispositif touche un public beaucoup plus large. Il s'agit d'une diminution des accises sur l'électricité, applicable à l'ensemble des consommateurs, qu'il s'agisse des ménages ou des entreprises.
« Avec la baisse des accises, nous agissons aussi sur la fiscalité de l’électricité pour les ménages et les entreprises. Nous combinons ainsi le soutien ciblé à notre industrie avec une mesure qui concerne l’ensemble des consommateurs », souligne Mathieu Bihet.
Il convient toutefois de distinguer les deux mécanismes. La réduction des tarifs de transport concerne uniquement les entreprises éligibles, tandis que la baisse des accises bénéficie à l'ensemble des consommateurs d'électricité.
Le communiqué ministériel ne précise pas l'économie moyenne que ces mesures permettront de réaliser sur les factures des ménages, ni l'ampleur de la réduction pour les entreprises concernées. Leur impact concret dépendra notamment des profils de consommation et des conditions tarifaires applicables.
La compétitivité industrielle au cœur de la réforme
Au-delà de la réduction immédiate des coûts, le gouvernement entend envoyer un signal aux entreprises industrielles implantées en Belgique.
Dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, la concurrence internationale et les investissements nécessaires à la décarbonation, le prix de l'énergie constitue un facteur déterminant pour les décisions d'investissement.
Pour les entreprises électro-intensives, la maîtrise de cette composante peut notamment influencer le maintien de certaines activités ou le développement de nouvelles capacités de production.
Le ministre considère ainsi la norme énergétique comme un instrument de politique industrielle.
« La Belgique doit rester un pays d’industrie. Avec la norme énergétique, nous créons de meilleures conditions pour que nos entreprises puissent continuer à investir, produire et se développer chez nous, en Belgique », conclut Mathieu Bihet dans son communiqué du 5 novembre.
Reste à déterminer, à l'usage, dans quelle mesure ces réductions contribueront à rapprocher les coûts de l'électricité supportés par les entreprises belges de ceux de leurs principales concurrentes européennes.
Nucléaire : l'État belge et Engie se donnent jusqu'au 12 décembre
Parallèlement à cette réforme, un autre dossier énergétique majeur reste en discussion : celui de l'éventuelle acquisition des activités nucléaires d'Engie par l'État belge.
Dans un communiqué conjoint publié le 4 novembre, l'État belge, Engie SA et Electrabel ont annoncé avoir convenu de reporter au 12 décembre 2026 la date cible pour conclure les Heads of Terms, un document destiné à fixer les principaux termes d'un éventuel accord.
Cette échéance avait été prévue dans la lettre d'intention signée le 29 avril 2026, qui encadre les discussions relatives à une potentielle acquisition des activités nucléaires du groupe par l'État belge.
Les négociations menées ces derniers mois ont permis aux parties de progresser dans leur compréhension respective des enjeux. Mais plusieurs désaccords importants subsistent.
Le principal point de friction concerne notamment la valorisation de la transaction, autrement dit la valeur attribuée aux activités qui pourraient être reprises par l'État.
Selon le communiqué conjoint, « des divergences significatives subsistent toutefois, notamment sur la valorisation de la transaction ».
Les parties justifient cette prolongation par la complexité et l'ampleur de l'opération envisagée, ainsi que par les circonstances actuelles.
Elles souhaitent disposer de davantage de temps pour tenter de rapprocher leurs positions.
Un mois supplémentaire pour tenter de parvenir à un accord
Le report au 12 décembre ne signifie donc pas qu'un accord est acquis. Il traduit plutôt la volonté des différentes parties de poursuivre les négociations malgré les divergences qui demeurent.
Les discussions portent sur une opération potentiellement importante pour l'avenir du secteur nucléaire belge et pour le rôle que l'État pourrait être amené à y jouer.
À ce stade, aucune valorisation financière ni aucun accord définitif ne sont annoncés