« La propriété, c'est une liberté qui a sa limite » : Mélenchon prépare les esprits aux réquisitions
Interrogé par François Lenglet sur TF1, Jean-Luc Mélenchon a développé une conception radicale du droit de propriété, estimant que les Français devraient revoir leur rapport au patrimoine immobilier. Entre réquisitions annoncées et objections des propriétaires balayées, le candidat insoumis assume une rupture idéologique profonde.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur TF1, Jean-Luc Mélenchon remet en cause la conception traditionnelle de la propriété privée et annonce vouloir réquisitionner des surfaces immobilières.
« La conception que vous avez de la propriété n'est plus supportable. » La formule est signée Jean-Luc Mélenchon. Invité de François Lenglet dans l'émission Pourquoi président(e) ?, diffusée le 25 octobre sur TF1 Info, le candidat de La France insoumise a livré une réflexion pour le moins radicale sur la propriété privée et les limites qu'il entend lui imposer.
Interrogé sur son caractère inaliénable, le dirigeant insoumis a d'abord invoqué Robespierre, rappelant que la propriété pouvait être considérée comme une liberté soumise à certaines limites. Mais son raisonnement est rapidement devenu beaucoup plus concret.
Jean-Luc Mélenchon affirme que, s'il était au pouvoir, il serait bien obligé de remettre en cause la propriété privée.
— François Camé (@FrancoisCame) October 25, 2026
Donc d'enfreindre la Déclaration des droits de l'Homme et son article 2, le droit constitutionnel français, la jurisprudence du Conseil d'Etat, du droit…
« Ah non, pas ma petite maison ! »
Selon Jean-Luc Mélenchon, les Français auraient été progressivement amenés à considérer la possession de leur logement comme une aspiration naturelle. « On a créé l'idée qu'il fallait posséder son logement », a-t-il affirmé, avant d'estimer qu'il faudrait désormais remettre en cause cette conception de la propriété.
Le candidat insoumis a ensuite évoqué les conséquences d'une éventuelle chute des prix immobiliers. Prenant l'exemple d'un propriétaire ayant acheté un bien un million d'euros, dont la valeur tomberait à 200.000 euros, il a imaginé les protestations de l'intéressé.
« Chacun sort son violon », a-t-il alors lancé, avant d'évoquer les arguments de ceux qui comptent sur leur patrimoine pour compléter leur retraite.
Une formule qui mérite qu'on s'y arrête. Car derrière ces objections présentées avec désinvolture se trouvent des réalités économiques très concrètes : des années d'épargne, des emprunts parfois encore en cours et un patrimoine constitué au prix de sacrifices personnels.
« Nous prendrons des mètres carrés là »
Mélenchon ne s'est pas arrêté à cette critique de la propriété immobilière. « J'ai bien l'intention de faire en sorte que, d'une manière ou d'une autre, on puisse réquisitionner ces espaces », a-t-il annoncé.
Pour illustrer son propos, il a pris l'exemple de tours de bureaux à La Défense, dont certaines surfaces pourraient, selon lui, être utilisées pour accueillir des étudiants. « Nous prendrons des mètres carrés là », a-t-il déclaré, estimant qu'il fallait prendre des décisions suffisamment audacieuses pour répondre aux besoins de logement.
La réquisition de locaux vacants n'est certes pas une idée nouvelle, ni une mesure nécessairement contraire aux principes démocratiques. Le droit français prévoit déjà des mécanismes de réquisition encadrés.
Mais le propos de Jean-Luc Mélenchon dépasse ici la seule question des bureaux inoccupés. C'est bien la conception même de la propriété privée, et la place qu'elle occupe dans la société, qu'il entend remettre en question.
Jusqu'où Mélenchon entend-il aller ?
Cette intervention s'inscrit dans la continuité du programme immobilier défendu par le candidat insoumis pour 2027, qui prévoit notamment de limiter à cinq le nombre de logements transmissibles par héritage, les biens excédentaires devant être réquisitionnés et redistribués selon des modalités encore à préciser.
Une question demeure pourtant sans réponse précise dans cet échange : jusqu'où l'État pourrait-il intervenir dans les droits des propriétaires, et avec quelles garanties ou compensations ?
Jean-Luc Mélenchon n'a pas annoncé l'abolition générale de la propriété privée. Il n'en reste pas moins que sa manière de traiter les inquiétudes patrimoniales des Français, réduites à des protestations auxquelles « chacun sort son violon », révèle une conception particulièrement interventionniste du rôle de l'État.
Au-delà des réquisitions envisagées, c'est une question fondamentale qui se dessine : dans le projet de société de Jean-Luc Mélenchon, quelle sécurité restera-t-il au droit de propriété face aux objectifs politiques du pouvoir ?