Le festival Recto/Verso fait de l’humour juif son invité d’honneur à Bruxelles
Le festival Recto/Verso prend la relève du Brussels Jewish International Film Festival. Du 5 au 8 novembre, sa 24e édition proposera à Bruxelles films, stand-up et rencontres autour de l’humour juif et du dialogue entre les cultures.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Pour sa 24e édition, le Brussels Jewish International Film Festival adopte le nom Recto/Verso. Du 5 au 8 novembre, deux lieux de Saint-Gilles accueilleront six films, des courts-métrages, des débats et des humoristes. Le programme associe comédies juives, mémoire de la Shoah et dialogue entre cultures juives et arabes.
Le Brussels Jewish International Film Festival (BJIFF) change d'identité pour sa 24e édition. Désormais baptisé Recto/Verso, le festival se déroulera du jeudi 5 au dimanche 8 novembre à Bruxelles. Son thème central sera l’humour juif, entre autodérision, comédie familiale et réflexion sur les différences culturelles.
L’ASBL IMAJ, Institut de la mémoire audiovisuelle juive, organise cette manifestation dans deux établissements de Saint-Gilles. Le Centre communautaire laïc juif (CCLJ) et La Tricoterie accueilleront les projections et les rencontres. Six films figurent au programme, accompagnés de courts-métrages belges, d’un spectacle de stand-up et d’un repas thématique.
Le festival Recto/Verso entre comédie et mémoire
La soirée d’ouverture, jeudi à 19 heures au CCLJ, proposera Bad Shabbos, du réalisateur américain Daniel Robbins. Cette comédie noire raconte un dîner de Shabbat qui tourne au désastre. Une rencontre entre deux familles se complique lorsqu’un cadavre apparaît dans la salle de bain.
Vendredi, La Tricoterie projettera Voyage avec mon père, de Julia von Heinz. Inspiré d’un roman de Lily Brett, le film réunit Lena Dunham et Stephen Fry. Il suit une journaliste américaine accompagnant son père, survivant de la Shoah, en Pologne. Leur voyage confronte deux générations à une mémoire familiale douloureuse.
Samedi, le cinéma israélien prendra le relais avec Over the Top, de Daniel Adar. Cette satire suit trois vedettes de la musique contraintes de rejoindre une chorale militaire après un scandale médiatique. Le film tourne notamment en dérision les célébrités et la propagande.
Des courts-métrages belges aux rencontres avec les réalisateurs
Le festival Recto/Verso accordera également une place aux cinéastes belges. Vendredi à 18 heures, trois courts-métrages précéderont une discussion consacrée à l’écriture comique. Le public découvrira La Dinde de Sam Garbarski, Alice & Moi de Micha Wald et Les Golems ça n’existe pas de Lila Dascotte.
Dimanche, le documentaire The Smugglers abordera la question de la littérature arabe en Israël. Yaniv Berman et Tony Copti suivent les responsables d’une librairie-café de Jaffa. Leur enquête porte sur les restrictions frappant certains ouvrages palestiniens. Les deux réalisateurs participeront à une rencontre après la projection.
La dernière journée proposera également Swedishkayt, consacré à la culture yiddish en Suède. Puis Between the Temples, de Nathan Silver, explorera la foi, le deuil et la transmission. Jason Schwartzman y incarne un chantre de synagogue confronté à une crise personnelle.
L’humour comme instrument de dialogue
Au-delà du cinéma, Recto/Verso veut encourager les échanges entre communautés. Les organisateurs entendent rapprocher les cultures juives et arabes en privilégiant l’autodérision et les expériences communes. Les relations familiales, les traditions et les contradictions humaines traversent plusieurs œuvres de la sélection.
Samedi à 21 heures, une soirée de stand-up réunira plusieurs humoristes belges au CCLJ. Farah, Fric’Adel, Gaëtan Delférière et Youri Nawara figurent à l’affiche. Lulu Enfant Terrible animera cette rencontre. Un dîner de Shabbat inspiré de New York accompagnera également la programmation.
Cette orientation intervient sur fond de tensions liées au conflit israélo-palestinien et de préoccupations concernant l’antisémitisme.
Le festival défend la diversité des identités juives et refuse leur assimilation systématique aux positions du gouvernement israélien. IMAJ, dirigé par le cinéaste Micha Wald, entend privilégier les échanges culturels sans éluder les sujets sensibles.