Message syndical polémique sur la RTBF : Jacqueline Galant demande des explications à Jean-Paul Philippot
La diffusion d’un message syndical très critique envers le gouvernement sur les antennes de la RTBF rebondit au parlement. Interpellée par le député MR Olivier Maroy, la ministre des Médias Jacqueline Galant affirme avoir demandeé des explications à la RTBF.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Olivier Maroy critique un message syndical diffusé par la RTBF le 12 mai.
- Jacqueline Galant dit partager les interrogations sur la neutralité du service public.
- La ministre a demandé des explications à l’administrateur général de la RTBF.
- Le contenu et le cadre légal de la diffusion sont remis en question.
La diffusion, le 12 mai dernier, d’un message syndical sur les antennes de la RTBF et en tête du site RTBF Actus continue de faire réagir dans le monde politique. Lors d’une question parlementaire adressée à la ministre des Médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles ce mardi en commission, le député MR Olivier Maroy, ancien journaiste du service public, a dénoncé un message qu’il estime contraire aux exigences de neutralité du service public audiovisuel. Dans sa réponse, la ministre des Médias Jacqueline Galant a indiqué partager « les interrogations » soulevées et avoir demandé des explications à la RTBF.
Le député libéral est revenu sur le message diffusé à l’occasion de la journée de grève nationale du 12 mai. Celui-ci évoquait notamment des « mesures d’austérité imposées par le Gouvernement » ainsi que des « mesures d’économies qui toucheront durement les conditions de travail du personnel de la RTBF ».
Pour Olivier Maroy, « ce choix de mots n’est pas neutre ». Dans sa question parlementaire, il estime que « la RTBF relaie ici une lecture militante, en l’occurrence syndicale, dirigée contre l’action du gouvernement, sans prise de distance ni mise en perspective ».
Le député MR s’interroge également sur le cadre légal ayant permis la diffusion d’un tel message, ainsi que sur sa présence « en tête de RTBF Actus pendant une large partie de la journée ». Selon lui, « un message présenté comme syndical paraît ainsi se transformer en prise de position institutionnelle ».
« Je partage les interrogations », répond Jacqueline Galant
Dans sa réponse, Jacqueline Galant indique comprendre les critiques formulées par le député. « Je comprends parfaitement les interrogations que vous soulevez, parce que je les partage », affirme-t-elle d’emblée.
La ministre estime qu’« lorsqu’un média de service public donne une telle visibilité à un message syndical, il est normal de s’interroger sur le cadre dans lequel ce message est diffusé, sur sa présentation au public et sur la distinction qui doit être faite entre une communication institutionnelle, une communication syndicale et un contenu journalistique ».
Jacqueline Galant révèle avoir « adressé un courrier à l’Administrateur général de la RTBF afin d’obtenir des éclaircissements sur les conditions de diffusion de ce message ».
La ministre rappelle également l’existence d’un arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 26 janvier 1999 relatif au service minimum à la RTBF. Celui-ci prévoit qu’en cas d’action sociale entraînant un retard de diffusion d’émissions, « ce retard ne peut pas dépasser une minute et doit être précédé ou suivi d’une annonce justifiant le retard ». Ce n'est pas la première fois que la ministre doit "recadrer" la RTBF, elle l'avait encore fait récemment après les fuites dans la procédure de recrutement du directeur de l'info de la RTBF.
« Plusieurs éléments méritent d’être clarifiés »
Pour Jacqueline Galant, le cas du 12 mai dépasse toutefois le simple cadre d’une annonce liée à une grève. « Le message était présenté comme un message syndical, or, selon ma lecture, ce n’est pas ce que prévoient les bases légales en vigueur », explique-t-elle.
Elle pointe aussi le contenu même du message, qui « ne semblait pas se limiter à justifier un retard de programme », mais contenait « des éléments liés aux revendications syndicales, des partis pris sans mise en perspective ».
Autre élément soulevé par la ministre : la diffusion du message sur RTBF Actus. « Sauf erreur de ma part, le site RTBF Actus ne diffuse pas d’émissions pouvant être retardées par une action sociale quelconque », observe-t-elle.
Jacqueline Galant insiste toutefois sur le fait qu’il ne s’agit « pas de remettre en cause le droit des organisations syndicales à s’exprimer » ni « le droit de grève ». Mais elle estime qu’« lorsqu’un tel message est relayé par un média de service public, il doit l’être avec toute la clarté nécessaire et surtout, en strict respect des bases légales en vigueur ».
« Le public doit pouvoir comprendre immédiatement qui parle, à quel titre, et quelle est la portée du message », poursuit-elle, avant de conclure : « Il ne peut pas y avoir de confusion entre une communication syndicale, une communication institutionnelle de la RTBF et un contenu journalistique. »
En attendant les explications de la RTBF, la ministre assure vouloir « garantir à la fois le respect du dialogue social, l’indépendance de la RTBF et la confiance du public dans la neutralité et la rigueur du service public audiovisuel ».