La décision est lourde de sens. L’un des enquêteurs les plus expérimentés de la police judiciaire fédérale, au cœur des investigations les plus sensibles du Qatargate, vient d’être brutalement mis à l’écart. Le commissaire divisionnaire Philippe Noppe, patron de l’OCDEFO – l’Office central de la lutte contre la délinquance économique et financière organisée – est désormais “dispensé de service” jusqu’à nouvel ordre. Une mesure exceptionnelle, qui confirme les révélations publiées par 21 News le 9 décembre dernier sur les graves dysfonctionnements ayant émaillé l’enquête et qui pourrait peser lourdement sur l’issue judiciaire du dossier, au point d’ouvrir la voie à un possible non-lieu devant la cour d’appel de Bruxelles dès le mois de février.
Une mise à l’écart soudaine, décidée au sommet
De retour de quelques jours de congés hivernaux, Philippe Noppe a été convoqué ce lundi, peu avant 11 heures, par son supérieur hiérarchique direct, Patrick Ludinant, directeur de la DJSOC (direction centrale de la répression de la criminalité organisée). À l’issue de cet entretien, le message est clair : le commissaire divisionnaire est prié de rester chez lui et de ne plus se rendre sur son lieu de travail.
Officiellement, il ne s’agit ni d’une sanction disciplinaire ni d’une suspension formelle. Dans les faits, plusieurs sources internes parlent d’une véritable mise au ban, décidée par la direction générale de la police judiciaire (DGJ). Une décision qui a provoqué une onde de choc au sein de l’OCDEFO. « On est sidérés. On a le sentiment qu’on coupe la tête de ceux qui ont touché à ce dossier », confie à La Libre un enquêteur sous couvert d’anonymat.
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