Mohammed ben Salmane pousserait Trump à poursuivre la guerre contre l’Iran
Selon des informations du New York Times, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aurait exhorté Donald Trump, lors de discussions récentes, à ne pas interrompre la guerre contre l’Iran, qu’il présenterait comme une « opportunité historique » de remodeler le Moyen-Orient. Si Riyad dément officiellement vouloir prolonger le conflit, ces révélations éclairent la profondeur des calculs saoudiens derrière la crise en cours.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Le prince héritier saoudien aurait présenté la guerre comme une « opportunité historique » pour affaiblir durablement l’Iran.
— Riyad dément officiellement vouloir prolonger le conflit, mais les calculs stratégiques saoudiens apparaissent plus complexes.
— Derrière l’enjeu militaire se joue aussi une bataille pour l’ordre futur du Moyen-Orient.
L’Arabie saoudite répète publiquement qu’elle souhaite une issue pacifique au conflit avec l’Iran. Mais en coulisses, le message serait tout autre. D’après plusieurs personnes briefées par des responsables américains, Mohammed ben Salmane aurait encouragé Donald Trump, ces derniers jours, à poursuivre l’offensive américano-israélienne contre Téhéran, en faisant valoir qu’une telle guerre pouvait ouvrir une séquence décisive pour l’équilibre régional.
L’idée, telle qu’elle est rapportée, est lourde de conséquences. Le prince héritier saoudien considérerait que le moment est venu d’affaiblir durablement, voire de renverser, le pouvoir iranien, perçu comme une menace structurelle pour les monarchies du Golfe. Autrement dit, il ne s’agirait pas seulement de contenir l’Iran ou de réduire certaines de ses capacités militaires, mais de profiter de la guerre pour tenter de changer la donne politique au cœur même du régime.
Riyad joue un jeu plus complexe qu’il n’y paraît
Le contraste entre la ligne publique et les échanges rapportés en privé dit beaucoup de la position saoudienne. Officiellement, le royaume insiste sur la nécessité de défendre sa population et ses infrastructures, frappées par des attaques iraniennes ou pro-iraniennes, et affirme rester attaché à une résolution pacifique. Mais derrière cette prudence diplomatique, une autre lecture semble se dessiner : pour une partie du pouvoir saoudien, une guerre interrompue trop tôt risquerait de laisser en place un Iran blessé, humilié, mais toujours capable de frapper.
C’est ce point qui semble central. Pour Riyad, un arrêt prématuré des hostilités pourrait produire le pire des scénarios : un régime iranien intact dans son noyau dur, animé par un désir de revanche, et libre de multiplier ensuite les représailles contre les installations pétrolières du Golfe, les axes énergétiques et les alliés arabes de Washington. Dans cette optique, la demi-mesure serait plus dangereuse encore que l’escalade.
Une convergence partielle avec Israël, mais pas sans risque
Sur le fond, l’Arabie saoudite rejoindrait donc une partie de l’analyse israélienne : l’Iran demeure une menace de long terme qui ne peut être traitée par de simples frappes ponctuelles. Mais la convergence s’arrête là. Car là où Israël peut voir un avantage dans un Iran affaibli, absorbé par ses troubles intérieurs, les Saoudiens redoutent en même temps le chaos total à leur frontière élargie. Un État iranien disloqué, livré à des factions militaires ou à des milices incontrôlées, pourrait aussi devenir un cauchemar sécuritaire majeur pour le Golfe.
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