Moscou brûle : l’Ukraine impose à la Russie le coût de son invasion
Près de 200 drones ukrainiens ont visé Moscou, frappant notamment une grande raffinerie de pétrole et paralysant les aéroports de la capitale. Kiev veut montrer que la guerre ne peut plus rester confinée au front ukrainien.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
L’Ukraine a lancé sa plus grande attaque de drones contre Moscou, frappant une raffinerie stratégique et perturbant les aéroports de la capitale russe.
L’image est d’une puissance rare : une épaisse fumée noire au-dessus de Moscou, des flammes dans la plus grande raffinerie de la région capitale, des aéroports paralysés, une autoroute coupée, des habitants stupéfaits devant une guerre que le Kremlin avait longtemps cherché à maintenir loin de leur quotidien. Jeudi, l’Ukraine a lancé sa plus grande attaque de drones contre Moscou depuis le début de l’invasion russe, frappant notamment la raffinerie de Kapotnya, située dans le sud-est de la capitale.
Selon les autorités russes, au moins 194 drones ukrainiens ont été abattus en direction de Moscou, tandis que le ministère russe de la Défense affirme avoir intercepté près de 1.000 drones sur l’ensemble du territoire. Plusieurs appareils ont toutefois atteint leurs cibles. La raffinerie moscovite, déjà visée mardi et un mois plus tôt, a été touchée à plusieurs reprises. Des vidéos diffusées en ligne montrent une explosion projetant dans les airs l’immense couvercle circulaire d’un réservoir de pétrole, tandis que plusieurs incendies se déclenchent autour du site.
Au moins 16 à 17 personnes ont été blessées dans la région de Moscou, selon les autorités locales. Les quatre aéroports de la capitale ont suspendu leurs opérations pendant plusieurs heures et Aeroflot a annulé de nombreux vols. Pour une ville de 13 millions d’habitants, habituée à vivre la guerre comme un bruit lointain, le message ukrainien est limpide : l’invasion lancée par Vladimir Poutine peut désormais produire ses effets au cœur même de la Russie.
La guerre revient dans la capitale russe
Depuis plus de quatre ans, le Kremlin s’efforce de présenter la guerre comme une « opération militaire spéciale », circonscrite, maîtrisée, presque abstraite pour une grande partie de la société russe. Moscou, vitrine impériale du régime, devait rester protégée de la brutalité quotidienne infligée à Kiev, Kharkiv, Odessa ou aux villes du Donbass.
L’attaque de jeudi fissure cette mise en scène. Elle n’est pas seulement spectaculaire. Elle est politique. En frappant une infrastructure critique située à l’intérieur même du périphérique moscovite, à quelques kilomètres du Kremlin, l’Ukraine cherche à démontrer que la profondeur stratégique russe n’est plus un sanctuaire.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter