Argentine : Javier Milei propose de suspendre le salaire des ministres et députés en cas de déficit budgétaire
Le président argentin Javier Milei a présenté un projet de « verrou budgétaire » prévoyant la suspension du salaire des plus hauts responsables politiques si un déficit public prolongé n'est pas résorbé dans les délais. Cette réforme, qui doit encore être approuvée par le Congrès, s'inscrit dans sa stratégie de « déficit zéro ».
Publié par J.PE
Résumé de l'article
Javier Milei propose de suspendre le salaire des principaux responsables politiques en cas de déficit budgétaire prolongé. Le projet de « verrou budgétaire » doit encore être adopté par le Congrès argentin.
Le président argentin Javier Milei a présenté un projet de loi qui pourrait profondément modifier les règles de gestion des finances publiques. Baptisé « grillete fiscal » (« verrou budgétaire »), ce mécanisme prévoit que si l'État enregistre un déficit budgétaire prolongé et que le Congrès ne parvient pas à rétablir l'équilibre des comptes dans le délai imparti, les plus hauts responsables politiques cesseraient de percevoir leur salaire.
Selon le projet présenté par le gouvernement, cette mesure concernerait le président de la République, le vice-président, les ministres, les secrétaires d'État, les sous-secrétaires, ainsi que les députés et les sénateurs nationaux. Leurs rémunérations seraient suspendues pendant toute la durée d'application du dispositif.
Le texte prévoit également une série de mesures destinées à limiter les dépenses publiques. En cas d'activation du mécanisme, les nouvelles dépenses seraient gelées, les recrutements dans l'administration suspendus, certains contrats publics interrompus et les activités non essentielles de l'État mises à l'arrêt. Les transferts discrétionnaires vers les provinces seraient également bloqués.
En présentant cette réforme lors d'une allocution télévisée, Javier Milei a affirmé vouloir inverser la logique qui, selon lui, a prévalu pendant des décennies en Argentine. « Pour la première fois dans notre histoire, si la politique ne fait pas son travail, c'est la politique qui paiera le prix, et non les citoyens », a déclaré le chef de l'État.
Le gouvernement assure toutefois que les services essentiels continueront de fonctionner normalement. Les retraites, les pensions, les allocations sociales, ainsi que les secteurs de la santé, de la sécurité, de la défense nationale et de l'administration pénitentiaire ne seraient pas concernés par ce mécanisme.
Cette initiative s'inscrit dans la politique de « déficit zéro » défendue par Javier Milei depuis son arrivée au pouvoir. Le président souhaite inscrire durablement la discipline budgétaire dans les institutions argentines afin d'empêcher tout retour à des déficits financés par l'endettement ou par la création monétaire.
À ce stade, il ne s'agit pas encore d'une loi. Le « verrou budgétaire » est un projet présenté par le gouvernement argentin qui devra être débattu puis approuvé par le Congrès avant de pouvoir entrer en vigueur.