Olivier Maingain (2) : "J'attire l'attention sur la grande difficulté à laquelle sont confrontées les communes. Si elles ne sont pas aidées budgétairement par la Région, elles vont droit dans le mur."
Publié par Demetrio Scagliola
• Mis à jour le
Olivier Maingain
21News : Vous avez dit que c’était politique. Dans quel sens ?
O. M. : Politique dans le sens où c’est une manière de faire pression sur la Région pour qu’elle se dote enfin d’un gouvernement et d’un budget. Je ne dis pas que c’est illégitime comme pression, mais cela reste une pression.
C’est pour ça que je dis qu’on ne peut pas laisser la Région sans budget. On peut encore chercher une majorité pendant un petit temps – pas trop longtemps –, mais à un moment donné, avec cette méthode transparente, parlementaire, il faudra trancher.
Je sais bien que c’est inédit, que ce sera compliqué. Il y aura des moments de tension au sein du Parlement. Les majorités ne seront peut-être pas constantes pour accepter telle ou telle option budgétaire. On le vérifiera. Mais, comme je l’ai dit, je ne crois pas que la situation nous permette beaucoup de fantaisie. Et, deuxièmement, on verra où sont les convergences. Heureusement, il y en aura. On verra aussi s’il y a des majorités plus consensuelles qui peuvent se dégager ou des majorités plus idéologiques.
21News : Où voyez-vous ces convergences possibles ?
O. M. : Les vraies convergences possibles devraient, pour moi, réunir au moins les trois familles politiques traditionnelles. Je vais brasser large : y compris le parti que représente aujourd’hui Fabian Maingain, même si je ne prétends pas que nous avons un rôle déterminant, loin de là. Mais je crois que ces trois familles dites traditionnelles doivent pouvoir trouver des convergences. Il n’est pas impossible qu’un parti comme Écolo se joigne à cela, puisqu’il a un rôle du côté flamand et que, inévitablement, les écologistes francophones ne peuvent pas ignorer ce que feront les écologistes flamands.
Il y a moyen de faire beaucoup d’économies budgétaires à la Région bruxelloise.
21News : Et du côté flamand, vous pensez que ça fonctionne ?
O. M. : Du côté flamand, ce sera plus difficile. Mais cela forcera le CD&V à sortir du bois – parti qui, pour le moment, pratique beaucoup l’attentisme –, et forcera l’Open VLD à être peut-être plus raisonnable dans ses exigences parfois extrêmes, qui visent à “faire mal pour faire mal”.
Il y a moyen de faire beaucoup d’économies budgétaires à la Région bruxelloise. Je parle des cabinets ministériels, mais je peux parler aussi du statut du président du Parlement régional, de ce que j’appelle la “présidence à vie”… Je ne dis pas que ce sont ces économies-là qui, seules, vont rétablir l’équilibre budgétaire, loin de là. Mais on ne peut pas demander aux services publics de faire des restrictions de train de vie si les mandataires politiques ne le font pas eux-mêmes. C’est pour moi un principe absolu : l’exemple doit venir d’en haut.
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