« Pas suffisamment à gauche » : Thomas Piketty prend ses distances avec Raphaël Glucksmann
Invité de BFMTV ce jeudi, l’économiste Thomas Piketty a jugé Raphaël Glucksmann insuffisamment à gauche et écarté la perspective d’une collaboration avec lui. Une prise de position qui illustre les divergences persistantes au sein de la gauche française, notamment sur la stratégie à adopter en vue de la présidentielle de 2027.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Thomas Piketty juge Raphaël Glucksmann « pas suffisamment à gauche » et estime peu probable de travailler avec lui pour la présidentielle de 2027.
Raphaël Glucksmann ne pourra vraisemblablement pas compter sur le concours de Thomas Piketty. Interrogé ce jeudi 15 octobre par Apolline de Malherbe sur BFMTV, l’économiste, connu pour ses propositions de redistribution fiscale, a exprimé sans détour ses réserves à l’égard de l’eurodéputé.
À la question de savoir s’il envisageait de travailler pour Raphaël Glucksmann, Thomas Piketty a répondu : « Non, non, non, non. Ça, c’est peu probable. » Relancé sur les raisons de cette réticence, il a précisé : « Pour moi, il est effectivement pas suffisamment à gauche. »
L’économiste a néanmoins tenu à tempérer son propos : « Je ne veux pas faire de procès à qui que ce soit. Moi, pour moi, ce qui compte, c’est le débat de fond, les propositions de fond. »
“Il n’est pas suffisamment à gauche”: Thomas Piketty, économiste français, annonce qu’il est "peu probable" qu’il travaille avec Raphaël Glucksmann pic.twitter.com/knzmjwj7mo
— BFM (@BFMTV) October 15, 2026
Une primaire ouverte à toute la gauche
Au-delà du cas Glucksmann, Thomas Piketty a regretté l’absence d’une grande primaire rassemblant l’ensemble des sensibilités de gauche. Il aurait souhaité une consultation largement ouverte, tant aux électeurs qu’aux candidats, plutôt qu’un processus assorti de frais de participation.
« J’aurais voulu que la gauche d’abord débatte et ait une très grande primaire, pas une primaire à 15 euros par personne, qui est quand même assez élitiste », a-t-il expliqué, avant de plaider pour une compétition « ouverte sur tous les citoyens » et « sur tous les candidats ».
L’économiste a notamment cité François Ruffin, Clémentine Autain et Marine Tondelier parmi les personnalités qui auraient dû pouvoir participer à cette confrontation des projets. « Je pense qu’il aurait fallu ouvrir les fenêtres », a-t-il résumé.
La fiscalité au cœur des divergences
Thomas Piketty a également insisté sur l’importance des propositions économiques et fiscales, qu’il souhaite voir primer sur les questions de personnes.
Il a notamment évoqué l’idée d’un référendum destiné à instaurer un impôt de solidarité national, tout en reconnaissant que les différentes sensibilités politiques pourraient défendre des taux distincts.
Cette intervention met en évidence les différences d’orientation qui traversent la gauche française. Alors que Raphaël Glucksmann défend une ligne sociale-démocrate et proeuropéenne, Thomas Piketty plaide depuis plusieurs années pour une redistribution plus poussée des richesses et une fiscalité davantage progressive.