Poissy sacrifiée : l’automobile française en voie d’effacement
Avec l’arrêt programmé de l’assemblage automobile à Poissy d’ici 2028, Stellantis ne se contente pas de tourner une page industrielle française. Le groupe entérine un basculement plus profond : celui d’une Europe automobile en perte de vitesse, contrainte de se réinventer dans l’urgence face à la chute de la demande, à la surcapacité chronique et à la montée en puissance des acteurs chinois.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Stellantis met fin à près d’un siècle de production automobile à Poissy, dernier site d’Île-de-France
— La reconversion vers le recyclage et les pièces traduit une mutation contrainte de l’industrie
— Surcapacité, baisse des ventes et pression chinoise redessinent en profondeur le paysage automobile européen
La décision de Stellantis de mettre fin à l’assemblage de voitures à Poissy d’ici 2028 marque la disparition de la dernière grande usine automobile d’Île-de-France et symbolise les mutations brutales de l’industrie européenne.
Pendant près d’un siècle, le site de Poissy a incarné l’une des grandes forges de l’automobile française. Né sous l’impulsion de Ford dans les années 1930, passé par Simca puis Chrysler avant de rejoindre le giron de PSA, il a connu son apogée dans les années 1960 et 1970 avec jusqu’à 27.000 salariés et une production de masse qui faisait de lui l’un des cœurs industriels de l’Europe. Aujourd’hui, à peine 2000 employés y travaillent encore, et l’usine n’assemble plus que quelques modèles en fin de cycle, comme l’Opel Mokka ou la DS3.
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