Comment éviter le piège fiscal de l’épargne-pension ?
Les personnes qui épargnent pour leur pension bénéficient d’un avantage fiscal. Son montant dépend de la somme versée chaque année. Pour les versements allant jusqu’à 1.050 euros, la réduction d’impôt atteint 30 %. Au-delà, et jusqu’au plafond légal de 1.350 euros, elle est ramenée à 25 %.
Publié par Niels Saelens
Les personnes qui épargnent dans le cadre du troisième pilier des pensions peuvent bénéficier d’un avantage fiscal. Elles peuvent en effet déduire 25 ou 30 % des primes versées par l’intermédiaire de leur déclaration fiscale.
Le plafond donnant droit à une réduction de 30 % s’élève à 1.050 euros par an. Dans ce cas, l’avantage fiscal atteint au maximum 315 euros. Il est également possible d’épargner davantage. La réduction correspond alors à 25 % du montant versé. Ce second régime permet d’épargner jusqu’à 1.350 euros et d’obtenir une réduction d’impôt maximale de 337,50 euros.
Épargner davantage peut réduire l’avantage fiscal
Verser plus de 1.050 euros par an n’est toutefois pas toujours judicieux. Les personnes qui optent pour le second régime sans épargner suffisamment risquent de bénéficier d’un avantage fiscal moins élevé.
Pour un versement annuel de 1.100 euros, par exemple, seuls 25 % des primes peuvent être déduits. La réduction d’impôt s’élève alors à 275 euros, soit 40 euros de moins que pour un versement de 1.050 euros. Le régime à 25 % ne devient intéressant qu’à partir d’un versement supérieur à 1.260 euros, confirme le SPF Finances sur son site.
Les chiffres de l’administration montrent qu’en 2015, quelque 2.200 épargnants sont tombés dans ce piège fiscal. Ils avaient versé entre 1.050 et 1.260 euros dans leur fonds ou leur assurance d’épargne-pension. Leur réduction d’impôt était donc inférieure à celle qu’ils auraient obtenue en limitant leur versement à 1.050 euros.
Les plafonds fiscaux gelés jusqu’en 2030
Le gouvernement fédéral a décidé de geler les plafonds fiscaux de l’épargne-pension jusqu’en 2030 inclus. Les montants maximaux resteront donc fixés à 1.050 euros pour le régime à 30 % et à 1.350 euros pour celui à 25 %.
Les plafonds seront à nouveau indexés à partir de l’exercice d’imposition 2031, sans rattrapage de l’indexation suspendue. Une mesure similaire avait déjà été appliquée pour les exercices d’imposition 2021 à 2024.
Comment alimenter son épargne-pension à temps ?
Pour éviter d’oublier d’alimenter son épargne-pension, il est possible de demander à sa banque, à son assureur ou à son courtier de verser chaque mois un douzième de la prime annuelle.
L’étalement des versements présente un avantage supplémentaire pour les personnes qui épargnent par l’intermédiaire d’un fonds d’épargne-pension ou d’une assurance branche 23. Comme ces produits investissent en partie dans des actions et d’autres actifs cotés, leur valeur fluctue avec les marchés financiers.
Répartir les versements sur l’ensemble de l’année permet d’investir aussi bien lorsque les marchés sont élevés que lorsqu’ils sont plus bas. Cela réduit le risque de placer la totalité de son capital à un moment défavorable.
Une autre logique s’applique aux assurances d’épargne-pension de la branche 21. Ces produits offrent un taux d’intérêt garanti, éventuellement complété par une participation bénéficiaire. Leur rendement ne dépend donc pas directement de l’évolution des marchés boursiers.
Dans ce cas, il est généralement plus intéressant de verser la totalité de la prime annuelle le plus tôt possible. Le montant peut ainsi produire un rendement pendant une période plus longue.