Prières, qamis aux couleurs d'Arsenal et politique identitaire : le nouveau visage de New York
En participant publiquement aux prières de l’Aïd dans le Bronx, le maire de New York Mamdani a offert une image hautement symbolique des mutations identitaires qui traversent l’Occident. Entre multiculturalisme assumé, retour du religieux et effacement du vieux modèle assimilationniste, cette scène dépasse largement le simple cadre new-yorkais.
Publié par Harrison du Bus
• Mis à jour le
Résumé de l'article
La participation du maire de New York Zohran Mamdani aux prières de l’Aïd relance le débat sur le multiculturalisme, l’identité religieuse et la fragmentation culturelle des sociétés occidentales.
L’image aurait semblé inimaginable il y a encore vingt ans. Au milieu de milliers de fidèles rassemblés dans le Bronx pour l’Aïd al-Adha, le maire de New York Zohran Mamdani prie, tête baissée, entouré d’hommes alignés sur des tapis installés dans un parc public. Sur ses épaules, un qamis noir frappé d’un immense « Emirates Fly Better ». Derrière lui, des rangées compactes de croyants tournés vers La Mecque. Devant lui, les photographes du monde entier.
Le maire de la plus grande ville des États-Unis, capitale historique du capitalisme occidental, ne se contente plus d’assister discrètement à une célébration religieuse comme l’aurait fait autrefois un élu soucieux de neutralité institutionnelle. Il participe pleinement à une démonstration identitaire assumée, dans une ville où l’appartenance communautaire devient désormais un élément central de la représentation politique elle-même. Ce n’est pas seulement un homme politique qui célèbre l’Aïd. C’est New York qui expose au grand jour sa transformation culturelle.
L'universitaire Gad Saad publie sur X que « cela s'appelle de l'empathie suicidaire. »
It’s called Suicidal Empathy. https://t.co/dTTkdkVU8T
— Gad Saad (@GadSaad) May 27, 2026
Une scène impossible à imaginer dans l’Amérique d’hier
Pendant des décennies, les maires américains cherchaient au contraire à effacer publiquement leurs appartenances particulières derrière une fonction incarnant l’ensemble de la cité. Le message implicite était clair : une fois élu, le maire n’était plus le représentant d’une communauté, mais celui d’un peuple urbain commun. La scène du Bronx raconte exactement l’inverse.
Tout y ramène à l’identité particulière : la religion, les codes culturels, le décor, les slogans, les références symboliques, jusqu’au qamis blasonné Arsenal, presque caricatural dans ce contexte. Le détail vestimentaire paraît secondaire. Il est en réalité médullaire, car il donne à l’ensemble une dimension de mondialisation déracinée où se mêlent affirmation religieuse, marketing globalisé du Golfe et effacement progressif des vieux codes civiques occidentaux.
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