La phrase est tombée sans emphase particulière, presque comme une évidence formulée à voix haute. Interrogé par le New York Times, Donald Trump a expliqué que le seul véritable frein à son pouvoir de commandant en chef résidait dans « sa propre moralité », avant d’ajouter, sans détour : « Je n’ai pas besoin du droit international. » Dans la bouche du président des États-Unis, une telle déclaration ne pouvait qu’ébranler les chancelleries. Elle mérite pourtant d’être examinée sans réflexe pavlovien, tant elle éclaire une vision du monde cohérente, même si elle demeure profondément inconvenante.
Trump ne parle pas ici comme un idéologue du chaos ni comme un doctrinaire du mépris des règles. Il parle comme un homme convaincu d’agir de bonne foi, persuadé que sa propre intuition morale suffit à guider l’usage de la puissance américaine. Il insiste d’ailleurs sur un point qu’il juge essentiel, qu’il ne cherche pas à nuire et encore moins à tuer. Dans son esprit, l’intention prévaut sur la norme, et la finalité l’emporte sur le cadre juridique.
Cette sincérité désarmante explique en partie la force de son propos. Elle explique aussi pourquoi il inquiète autant ; car le droit international n’a jamais été conçu pour juger les intentions, mais pour limiter les effets du pouvoir lorsqu’il s’exerce sans contrepoids.
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